Ce n’est plus le temps de tergiverser

Dans les jours et les semaines à venir, le gouvernement fédéral devra décider si le pays compromet davantage ses engagements climatiques, sacrifiant notre air pur, notre eau potable, et érodant davantage la confiance entre la Couronne et les communautés autochtones, ou s’il choisit une voie plus durable, vers un avenir plus vert et la réconciliation.

En novembre dernier, le premier ministre Mark Carney a signé un protocole d’entente avec la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, sur les questions d’énergie et de climat.

Le protocole d’entente reposait sur les objectifs communs « d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050 » et « d’établir le Canada comme superpuissance énergétique mondiale ».

Bien menée, l’entente finale pourrait positionner le Canada comme une véritable puissance en énergie propre, compte tenu de la demande mondiale en forte croissance pour ces technologies.

Mais des signes inquiétants laissent craindre que cette entente ne propulse pas le Canada vers l’avant, mais l’entraîne plutôt en arrière, avec des répercussions pour l’ensemble du pays.

Les détails épineux de cette entente Canada-Alberta ne peuvent pas être repoussés indéfiniment. Les enjeux et les conséquences sont tout simplement trop élevés.

L’eau : un enjeu oublié

Premièrement, le protocole d’entente a complètement omis un élément essentiel, voire vital : la question de l’eau.

En moyenne, la production d’un baril de pétrole dans le secteur des sables bitumineux nécessite 2,3 barils d’eau.

Ainsi, la construction d’un pipeline visant à augmenter la production pétrolière de 1 million de barils par jour impliquerait une consommation de plus de 2 millions de barils d’eau par jour.

Or, comment........

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