Il ne suffit pas d’encadrer les usages
« J’ai utilisé Copilot pour améliorer la clarté de mon travail », écrit une étudiante dans sa déclaration d’usage. Mais cette déclaration ne nous dit pas ce qu’elle a compris. C’est là l’angle mort des politiques universitaires actuelles. Les universités encadrent les usages de l’intelligence artificielle générative (IA générative), mais elles forment trop peu les étudiants à évaluer, vérifier et justifier ce qu’ils produisent avec l’IA.
Le 4 juin 2026, le Canada a dévoilé sa stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle, « L’IA pour tous ». Celle-ci promet notamment une formation gratuite à la littératie en IA, avec l’objectif de rejoindre un million d’étudiantes et d’étudiants du postsecondaire, ainsi qu’un accès à des agents d’IA fiables. L’IA concerne désormais toute la population, et non plus seulement les spécialistes. Tout le monde doit être en mesure d’en comprendre les usages, les limites et les risques.
Dans les universités, pourtant, donner accès à ces technologies ou préciser les usages permis dans les plans de cours ne suffit pas. Leur arrivée transforme les apprentissages, l’évaluation et la relation de confiance entre professeurs et étudiants.
Depuis l’arrivée de ChatGPT à la fin de 2022, de nombreuses universités ont adopté des guides ou des politiques pour encadrer l’IA générative. Ces repères sont nécessaires : ils rappellent l’importance de l’intégrité universitaire, de la transparence, de la protection des données et du........
