De la relation d’aide à la relation d’être
Pour Salim Beghdadi, qui travaille notamment à Montréal-Nord, l’intervention sociale doit aller au-delà de la simple gestion de crise ou du maintien de l’ordre
Les récents évènements qui ont secoué Montréal-Nord mettent en lumière une fracture institutionnelle majeure. En tant que sociologue sur le terrain, le retour des partenaires est unanime : l’indignation seule ne suffira pas. Ces agissements haineux exigent une enquête transparente et indépendante, mais surtout de s’attaquer aux enjeux systémiques. Les récentes publications de La Presse ont mis le doigt sur un problème criant : la prise en charge des jeunes au Québec craque de partout.
Des révélations sur le ressac budgétaire du projet Agir en amont1 jusqu’aux enquêtes de Caroline Touzin sur Agora Déclic2, le constat me paraît implacable. Nos modèles d’intervention sociale s’essoufflent.
Face à cette urgence, je refuse de me résigner à notre réflexe collectif binaire, qui balance constamment entre le contrôle policier et la réponse humanitaire d’urgence.
Comme nous pouvons le constater, la police n’est pas outillée pour bâtir une sécurité urbaine inclusive, et elle a besoin de partager l’expertise avec les acteurs locaux. Les réparations nécessaires à ce nouveau malaise passent d’abord par une transformation structurelle véritable. La parole des personnes racisées doit être protégée, avec la création de canaux directs entre le communautaire et les dirigeants policiers, loin des seuls........
