Dans la noirceur de la maladie, il y a des lucioles |
L’autrice, qui a souffert d’un cancer du sein, rend hommage aux professionnels de la santé qui ont illuminé son parcours médical. Si le système de santé a des failles, il est aussi capable d’excellence, écrit-elle.
On parle beaucoup du cancer du sein dans l’actualité, et c’est heureux : la recherche avance, l’information circule et la sensibilisation sauve des vies. Or, ces derniers temps, les manchettes ont surtout mis en lumière les délais du système de santé, notamment dans la région de Montréal, tant en ce qui a trait au diagnostic qu’à la prise en charge médicale.
Évidemment, ce n’est pas banal pour un cancer qui touche 1 Canadienne sur 8, selon la Société canadienne du cancer.
Mon expérience, vécue à Québec, mérite, je pense, d’être racontée. Non pas pour nier les défis bien réels du réseau, mais pour rappeler qu’il est aussi capable d’excellence. Et ce parcours fut exclusivement fait dans le système public.
À Noël 2025, je découvre une bosse au sein gauche et le 13 janvier 2026, je consulte mon médecin. En moins de trois semaines, j’ai passé une mammographie et une échographie, pour ensuite passer une biopsie. Le 11 février, le diagnostic tombe : carcinome canalaire infiltrant.
À 47 ans, en pleine forme, le choc est brutal. Mais dès le lendemain, je suis prise en charge. Je rencontre la chirurgienne oncologue qui m’explique clairement la situation : un cancer du sein avec trois foyers, nécessitant une chimiothérapie, suivie d’une mastectomie. Le parcours est structuré et rapide.
En quelques jours à peine, tout s’organise : radio-oncologie, pharmaco-oncologie, examens cardiaques, prises de sang, puis la rencontre avec mon hémato-oncologue, qui deviendra le pilier de mon traitement. Celle-ci coordonnera chaque étape de mon parcours avec rigueur et chacune de nos nombreuses rencontres fut empreinte d’empathie et d’humanité. Sans elle, je n’aurais pas terminé ma première chimiothérapie.
PHOTO FOURNIE PAR MARIE-PIER CHAMPAGNE
Le 27 février, soit à peine six semaines après ma première consultation, je débute la chimiothérapie à l’hôpital Saint-Sacrement. Pendant des mois, j’y reçois des soins d’une qualité remarquable. Les infirmières sont attentives, compétentes, bienveillantes. Même lors de la seconde chimiothérapie, lorsque mes veines se faisaient constamment fuyantes, lorsque chaque traitement était noyé de larmes, elles étaient d’une patience inouïe.
Mon parcours m’a menée dans plusieurs établissements : Saint-Sacrement, l’Enfant-Jésus, Saint-François-d’Assise, l’Hôtel-Dieu. Partout, j’ai trouvé le même professionnalisme, la même écoute, la même efficacité.
Je ne suis pas un cas isolé. Mes « copines de cancer » de Québec partageraient assurément ce constat. Derrière les critiques – parfois justifiées – du système, il existe aussi un réseau solide, porté par des équipes dévouées.
Oui, le système de santé a ses failles. Mais il a aussi ses lucioles : ces médecins, infirmières et professionnels qui, chaque jour, éclairent des parcours souvent bien sombres.
Je pense qu’il est important de le dire, de leur dire.