Trump franchira-t-il le Rubicon ?

Il y a un an, de Mar-a-Lago, le président désigné Donald Trump annonçait son intention de s’emparer de points stratégiques, dont le Groenland, au nom de la sécurité nationale et plongeait les États-Unis du même coup dans une logique ouvertement expansionniste.

Aujourd’hui, le président Trump et son chef de cabinet adjoint, Stephen Miller, reprennent ces propos consternants sur le Groenland, mais dans un contexte où l’hypothèse d’une annexion de ce territoire devient sérieusement envisageable. Deux facteurs principaux l’expliquent.

D’abord, l’administration Trump s’appuie désormais sur une stratégie de sécurité nationale explicitement antieuropéenne, fortement antilibérale et solidement arrimée à la doctrine Monroe. Cette dernière sert de cadre stratégique à un interventionnisme américain assumé dans l’hémisphère occidental et légitimé au nom de la sécurité nationale.

PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, et la deuxième dame, Usha Vance, visitent la base spatiale militaire américaine de Pituffik, au Groenland, en mars.

Sous Trump, cette doctrine est en outre mobilisée pour consolider la position de puissance des États-Unis face aux prétentions, réelles ou supposées, de la Chine et de la Russie en Arctique.

Dans cette relecture stratégique du président Trump, le Groenland est désormais perçu comme un espace intrinsèquement américain,........

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