Quand la loi commence enfin à comprendre la violence conjugale |
Le dépôt du projet de « loi Gabie Renaud » à l’Assemblée nationale et la décision rendue récemment par la Cour suprême du Canada sur le contrôle coercitif marquent un tournant. Pour la première fois, nos institutions commencent à reconnaître que la violence conjugale ne commence pas avec les coups.
Le mois de mai marque peut‑être un tournant dans la compréhension canadienne de la violence conjugale. Avec le dépôt du projet de « loi Gabie Renaud » à l’Assemblée nationale et la décision de la Cour suprême dans l’affaire Ahluwalia, nos institutions commencent à reconnaître une réalité que les survivantes, les cliniciens et les chercheurs décrivent depuis des décennies : la violence conjugale ne commence pas avec les coups.
Ces deux avancées sont distinctes. Le projet de « loi Gabie Renaud » ouvre une voie de prévention en permettant à une personne à risque de connaître le passé violent de son partenaire. La décision de la Cour suprême, elle, reconnaît la nature même de violences longtemps minimisées parce qu’elles ne laissent pas toujours de traces physiques. Bien que ce nouveau délit civil ne s’applique pas directement au Québec, nos tribunaux pourront s’en inspirer.
Ensemble, ces avancées révèlent surtout une vérité longtemps ignorée : la violence conjugale est souvent d’abord une prise de pouvoir.
Trop longtemps, nos institutions n’ont reconnu la violence que lorsqu’elle devenait visible. Une plainte criminelle. Une hospitalisation.........