We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close
Aa Aa Aa
- A +

« Real Book » de Jean-Pierre Martin

4 2 4
21.03.2019

L’écrivain et essayiste Jean-Pierre Martin raconte son idylle avec le piano et avec le jazz.

« Le piano entre directement en concurrence avec la vanité de la parole », écrit Jean-Pierre Martin. / BlueSkyImages - stock.adobe.com

• Real Book. Autopianographie, de Jean-Pierre Martin, Seuil, 236 p., 18 €

Tout projet autobiographique appelle le recensement plus ou moins détaillé des objets et sujets d’une vie. Et lorsqu’on prend de l’âge, ils peuvent être nombreux. Jean-Pierre Martin, intellectuel multicartes (universitaire, romancier, essayiste, spécialiste d’Henri Michaux, etc.) a pris l’option inverse : un seul objet pour dire une vie, avec ses lignes de force, ses strates, sa mélodie.

Un objet sonore et encombrant, qui se laisse difficilement oublier. Sauf peut-être lorsqu’il est perdu au milieu de tous les meubles d’une vaste demeure, dans la sphère sociale des privilégiés. De fait, le piano, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est « l’objet fétiche du Bourgeois ! Le symbole exécrable de la domination des nantis ! » Né en 1948, Martin avait donc 20 ans en 1968. Époque de grands bouleversements, dont le piano fut une sorte de victime secondaire et collatérale.

La Nouvelle-Orléans, berceau du jazz

« Rejeton de la classe moyenne », avec des « parents d’origine modeste (elle, fille de cheminot, lui, fils de boulanger), désireux d’imiter les classes supérieures », Jean-Pierre Martin découvre l’instrument qui faisait une noble tache dans le logement familial. Il s’essaie à en jouer,........

© La Croix