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Quand un foyer de migrants tombe en ruine

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20.11.2018

La rénovation de l’emblématique foyer de travailleurs migrants de la rue Bara, à Montreuil, est bloquée depuis de nombreuses années. Le bâtiment, où vivent dans des conditions déplorables plus de 400 hommes d’origine malienne, menace aujourd’hui de s’effondrer.

Reportage photo : Florence Brochoire pour La Croix

Le foyers de travailleurs migrants de la rue Bara, à Montreuil. / Florence Brochoire pour La Croix

Montreuil (Seine-Saint-Denis)

De notre envoyé spécial

C’est un joyeux bazar, qui rappelle le marché d’une grande ville africaine. Dans la cour du foyer de travailleurs étrangers de la rue Bara, à ­Montreuil (Seine-Saint-Denis), une série de vendeurs proposent du maïs grillé, des bijoux en argent ou des cigarettes. Il y a aussi des coiffeurs et un café. Une salle de prière est aménagée dans une salle du sous-sol, où se retrouvent, chaque vendredi, des dizaines de croyants.

Aménagé en 1968 dans une ancienne usine de piano, « Bara » est depuis de nombreuses années le lieu de rendez-vous de la diaspora malienne d’Île-de-France. Deux cent quarante résidents occupent officiellement les chambres situées dans les étages. En réalité, plus du double vivent dans des conditions qui se sont fortement dégradées ces dernières années, au point d’être devenues aujourd’hui « offensantes pour la vie des résidents », estime le maire communiste de la commune, ­Patrice ­Bessac.

Après avoir passé une nuit sur place le 20 septembre, l’élu met en ligne depuis son compte Twitter une vidéo montrant l’état du foyer. « J’ai vu des matières fécales suinter d’un étage à l’autre, des rats, des moisissures, décrit-il. La situation à Bara fait penser aux pratiques des pires marchands de sommeil. » Le lendemain, le maire prend un arrêté municipal « d’extrême urgence pour risque grave de ­sécurité ».

Une simple visite dans les étages du foyer, guidé par un résident, confirme la suroccupation et la vétusté des locaux. Les........

© La Croix