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L’Allemagne reste dépendante de l’immigration

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06.03.2019

Pour répondre au vieillissement de sa population, l’Allemagne aurait besoin de 260 000 immigrés par an jusqu’en 2060. C’est ce qu’estime la Fondation Bertelsmann dans un rapport publié en février.

Un demandeur d’asile somalien travaille l’acier avec un contremaître allemand. / Patrick Pleul/dpa/AP

260 000. Ce chiffre suscite depuis quelques semaines des débats outre Rhin. La fondation Bertelsmann estime en effet, dans un récent rapport, que l’Allemagne aurait besoin de 260 000 immigrés en moyenne par an, jusqu’en 2060, pour répondre aux besoins de son marché du travail. Pour une partie de la presse conservatrice, encore marquée par l’arrivée de près d’un million de réfugiés en 2015, cette estimation est « catastrophiste ».

« Sur le long terme, ces estimations sont assez élevées mais restent modérées », tempère Lutz Schneider, l’un des auteurs de cette étude. « En 2016, le solde migratoire en Allemagne s’est établi à 500 000. Notre estimation est donc moitié moindre et aurait pu être accueillie positivement, sourit cet économiste de l’Université de Coburg, en Bavière. Notre rapport évoque une immigration qualifiée et absorbable par le marché du travail, sans lien avec les demandes d’asile. »

L’Allemagne veut attirer davantage de travailleurs qualifiés

Comme le rappelle la Fondation Bertelsmann, « l’Allemagne reste dépendante de l'immigration ». Faiblesse de la natalité, vieillissement, départ à la retraite de la génération des baby-boomers, les problèmes démographiques sont connus. « Sans une immigration nette élevée, la population allemande aurait déjà diminué par le passé, car le nombre de décès dépasse le nombre des naissances depuis le début des années 1970 », notent les chercheurs.

Pour le marché du travail, les conséquences sont énormes. Selon des prévisions du ministère de l'économie, la population en âge de travailler, c'est-à-dire âgée de 20 à 65 ans, devrait diminuer de 3,9 millions en 2030 et de 10,2 millions de personnes d'ici à 2060.

Sur le terrain, l'Allemagne travaille depuis dix ans à flux tendu, avec un taux de chômage de 5% et 44 millions d'actifs. Un record. Les entreprises, de toute taille, peinent à trouver la main-d’œuvre adéquate. Fin 2018, le pays comptait 1,46 million de postes non occupés. Un niveau historiquement haut.

« Les secteurs de l'artisanat, de la santé, du bâtiment sont les plus touchés mais l'Allemagne manque aussi d'ingénieurs, de techniciens, de mathématiciens », explique Alexander Kubis, économiste à l'Institut de recherche sur le........

© La Croix