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Au Mont-Blanc, les alpinistes indélicats bientôt mis à l’amende

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25.03.2019

Pour lutter contre les incivilités, l’accès aux refuges situés sur la voie normale du Mont-Blanc sera strictement encadré cet été.

Reste à préciser la peine encourue par les ascensionnistes qui n’auraient pas réservé leur nuitée.

Le plus haut refuge France (3 815 m), accroché au bord de l’aiguille du Goûter, sur la voie normale conduisant au sommet du Mont-Blanc (4 808 mètres). / Gregory YETCHMENIZA/PHOTOPQR/LE DAUPHINE

Esprit de la montagne, es-tu là ? Chaque été, en montant au refuge du Goûter, Antoine Rattin s’interroge. Ce guide de haute montagne garde depuis trois ans le plus haut refuge France (3 815 m), accroché au bord de l’aiguille du Goûter, sur la voie normale conduisant au sommet du Mont-Blanc (4 808 mètres). Régulièrement, il doit faire face à des rentrées en force, des agressions verbales, des refus de payer, des abandons de déchets…

Avec jusqu’à 400 personnes par jour sur cet itinéraire, l’été dernier, la surfréquentation entraîne son lot d’incivilités. L’an dernier, une cordée de Lettons a même été surprise portant un mât de dix mètres à l’épaule, espérant faire flotter leurs couleurs nationales au sommet. Comme si l’ascension du Mont-Blanc était une formalité…

La montagne prélève pourtant sa dîme. Entre 1990 et 2017, 102 personnes ont perdu la vie dans le couloir du Goûter, et 230 y ont été blessées, en raison des chutes de pierre. « C’est une course d’alpinisme plus technique qu’autrefois, en raison des dégradations dues au changement climatique. On envisage d’ailleurs de monter la cotation de la voie normale », rapporte Ludovic Ravanel, guide et spécialiste du permafrost (1) de montagne au CNRS.

Mont-Blanc, une liberté de plus en plus surveillée

« Voilà quelques années, il y avait encore 80 tentes plantées autour du refuge du Goûter, alors que le bivouac est interdit sur un site classé », rappelle Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), commune sur laquelle est........

© La Croix