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Quatre axes pour une Europe agricole qui protège

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18.03.2019

La préconisation. Quelles sont les pistes de changement proposées par les experts ? Chaque semaine, La Croix sollicite l’avis d’un laboratoire d’idées. Aujourd’hui, Agriculture stratégies.

Jacques Carles. / Photo : Terra/E. Le Corre

Jacques Carles

Président fondateur du laboratoire d’idées Agriculture stratégies

« L’Europe n’a plus de stratégie agricole. Elle s’est perdue dans une politique qui vise essentiellement à répartir le budget communautaire entre les États membres à partir d’objectifs purement techniques et de court terme, tout en pariant sur l’efficience de la libéralisation des marchés agricoles.

Cette approche a complètement failli : la plupart des exploitants voient leur revenu baisser, les exportations tendent à se réduire tandis que l’agriculture européenne est confrontée à des concurrents étrangers qui pratiquent le dumping sur des produits qui ne répondent pas aux mêmes exigences de qualité.

Une agriculture plus verte

La politique agricole commune doit revenir à la lettre et à l’esprit du traité de Rome qui la fonde : garantir la sécurité alimentaire en Europe, soutenir la stabilisation des marchés, assurer un revenu décent aux agriculteurs, favoriser la transformation des pratiques pour les adapter aux enjeux actuels.

Promouvoir une Europe qui protège passe par une réforme en profondeur de la PAC reposant sur quatre piliers.

– Le premier consiste à renforcer l’organisation économique des filières. Certaines fonctionnent plutôt bien comme celle du vin, des fruits et légumes et des indications géographiques protégées. D’autres sont à la peine, en particulier les secteurs du lait et de l’élevage. Il s’agit d’aider ces filières à se structurer pour mieux gérer leur marché et redonner aux producteurs un pouvoir de négociation face aux transformateurs et aux distributeurs.

– Responsabiliser les agriculteurs ne suffira pas. Il faut que les instances communautaires puissent anticiper les crises et les gérer. C’est l’objet du deuxième pilier : doter l’Union d’outils pour résister aux vents de marchés hautement spéculatifs et très volatils. Par exemple, des aides contracycliques qui évoluent en fonction des prix sur le marché, à la hausse lorsque les prix chutent et inversement.

L’Europe a-t-elle renoncé à une PAC ambitieuse ?

– Le troisième pilier est celui de la transition environnementale et énergétique. Nous proposons que la politique de verdissement repose désormais sur des contrats territoriaux qui........

© La Croix