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Halal, casher : l’abattage rituel sans étourdissement interdit de label bio

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01.03.2019

Un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne estime que le sacrifice d’animaux sans insensibilisation est incompatible avec les règles du bien-être animal en agriculture biologique. Cette décision, rendue public mardi 26 février, va bouleverser le marché de l’alimentaire rituel, « halal » pour les musulmans, « casher » pour les juifs.

Une usine de négoce de viande. / Matthieu Botte/Voix du Nord/MaxPPP

L’information est passée quasi inaperçue. Elle est pourtant capitale pour un marché de l’alimentaire rituel (« halal » pour les musulmans, « casher » pour les juifs) en pleine expansion en France.

Dans un arrêt rendu public mardi 26 février, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé que les viandes issues de l’abattage rituel sans étourdissement préalable ne pouvaient pas être commercialisées sous le label « Agriculture biologique » (AB). Le motif invoqué est que cette méthode de sacrifice ne respecte pas les règles du droit européen en la matière.

Cet avis tranche le litige qui oppose, depuis sept ans, l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) à la France. Le long feuilleton procédural commence en 2012 lorsque l’association de défense des animaux s’alarme d’une publicité pour des steaks hachés sous label AB, certifiés par l’association A votre service (AVS) et commercialisés par l’entreprise BioNoor, installée à Aulnay-sous-Bois, en région parisienne.

Comment le « halal » est devenu un marché

« AVS est un des organismes certificateurs halal qui prônent un abattage sans étourdissement. Si bien que les animaux, bovins ou ovins, mettent plusieurs minutes avant de perdre conscience après avoir été égorgés », souligne Frédéric Freund, directeur d’OABA.

Estimant que cette pratique est incompatible avec le règlement européen qui régit le bio, l’association interpelle donc Ecocert, l’organisme français chargé de la certification et du contrôle des produits issus de l’agriculture biologique, qui a accordé à BioNoor le droit d’apposer le logo AB sur ses emballages.

« Ecocert maintenant sa décision, nous sommes montés d’un cran pour saisir l’INAO, qui assure la protection des sigles de qualité, et jusqu’au ministère de l’agriculture qui est l’autorité nationale garante du respect des textes européens », poursuit Frédéric Freund.

Laissée étrangement sans réponse, l’OABA se tourne alors vers le Conseil d’État qui, en octobre 2014, renvoie l’affaire devant le tribunal........

© La Croix