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Donald Trump maintient ses menaces de retrait de l’OTAN et met l’Europe sous pression

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02.04.2026

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump réitère ses invectives à l’égard de l’Alliance atlantique. Celle du retrait des États-Unis a été déjà utilisé à plusieurs reprises comme moyen de pression sur les membres européens lors du sommet à La Haye en 2025.

L’Otan et l’Europe font parties des cibles principales de Donald Trump, depuis son retour au pouvoir. Le président des États-Unis a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l’Alliance cette semaine, la qualifiant sur son réseau Truth Social de « TIGRE DE PAPIER » et de « LACHE ».

Car parmi les 32 membres qui la composent, peu de dirigeants occidentaux ont souhaité rejoindre une force militaire pour « sécuriser » le détroit d’Ormuz. Cette voie de navigation demeure bloquée par Téhéran depuis le déclenchement de la guerre illégale contre l’Iran par Washington et Tel-Aviv, le 28 février.

Emmanuel Macron dénonce le sabotage répété de l’engagement américain

Cette semaine, le président républicain a de nouveau menacé de quitter l’OTAN. En réalité, cela semble compliqué. Une loi adoptée en 2024 empêche un président américain de retirer les États-Unis de l’Alliance sans une majorité des deux tiers au Sénat ou une loi du Congrès. « Mais Trump s’est montré prêt à bafouer la législation existante pour contourner le Congrès – par exemple, en attaquant l’Iran sans demander l’approbation du Congrès, comme l’exige la loi de 1973 sur les pouvoirs de guerre », rappelle The Guardian.

L’administration Trump a déjà tenu des propos similaires à la réunion du G7 des ministres des Affaires étrangères, à Paris, vendredi 27 mars. Le secrétaire d’État Marco Rubio avait averti ses homologues européens que les relations avec l’Alliance atlantique devraient être réexaminées une fois la guerre en Iran terminée. « Sans les États-Unis, il n’y a pas d’OTAN. Une alliance doit être mutuellement bénéfique. Elle ne peut pas être à sens unique. Espérons que nous pourrons y remédier. », a-t-il menacé.

Guerre au Moyen-Orient : comment le Pakistan est devenu le seul négociateur entre les États-Unis et l’Iran

Face à ces attaques répétées, le président français en déplacement à Séoul a condamné l’attitude de Donald Trump qui sape l’OTAN par ses attaques répétées de s’en retirer. « Si vous semez quotidiennement le doute sur votre engagement, vous le videz de sa substance », a lancé Emmanuel Macron, jeudi 2 avril.

Des tensions entre Washington et Paris

Les deux hommes se sont à plusieurs reprises affrontés sur le sujet. En 2019, à l’occasion du sommet pour les 70 ans de l’Alliance atlantique le dirigeant français avait dans l’hebdomadaire britannique, The Economist, critiqué une organisation militaire en « mort cérébrale », au « bord du précipice », et l’« absence de coordination stratégique avec les États-Unis ».

Des critiques visant Donald Trump qui exerçait alors son premier mandat et réclamait déjà que les autres membres rehaussent leur budget afin d’alléger le coût financier pour Washington. Il avait accusé alors les pays européens de « voler » les États-Unis en ne consacrant pas suffisamment de fonds à leurs budgets de défense.

Six ans plus tard, lors du sommet à La Haye en 2025, les dirigeants européens se sont pliés aux exigences du président états-unien avec un objectif de dépenses de défense fixé à 5 % du PIB d’ici 2035. Pour son retour à la Maison-Blanche, le milliardaire avait menacé de se désengager du Vieux Continent, en cas d’échec.

Le Groenland reste au cœur des tensions entre les États-Unis et l’Europe

L’autre période de tension récente a été le Groenland. Donald Trump est entré en conflit avec un membre de l’Otan, le Danemark dans sa volonté d’annexer le Groenland. Dans une confrontation ouverte avec l’Europe, le président avait même élaboré un accord-cadre avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Le Danemark devait céder des parcelles du territoire aux États-Unis afin qu’ils y établissent de nouvelles bases militaires, morcelant de fait le territoire groenlandais.

En septembre, les États-Unis ont déployé près de 68 000 militaires actifs répartis dans les 30 pays européens membres de l’OTAN. Dans le New York Times, Nicholas Burns, un ancien ambassadeur américain auprès de l’OTAN, doute d’une telle initiative qui écornerait l’image des États-Unis.

Un retrait serait « catastrophique pour l’Amérique en tant que puissance mondiale » et affirme que le Congrès ne serait pas d’accord. De nombreux militaires et observateurs s’inquiètent de l’application de l’article 5, qui régit la solidarité militaire entre alliés et prévoit que si l’un d’entre eux est attaqué, les autres lui doivent assistance.

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