menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Hydrocarbures plutôt qu’éolien : le deal à un milliard de dollars de TotalEnergies avec l’administration Trump

19 0
24.03.2026

L’administration Trump et le géant pétrolier TotalEnergies ont officialisé, lundi 23 mars, un accord à 928 millions de dollars, lors d’une conférence sur l’énergie organisée au Texas. L’industriel français s’est engagé à se plier à la politique écocidaire de la Maison Blanche, avec l’abandon de deux projets éoliens offshores pour investir dans l’extraction de pétrole et l’exportation de gaz naturel liquéfié.

Donald Trump a beau prétexter vouloir mettre un terme à une technologie « dangereuse » pour les baleines, trop coûteuse et « horrible » pour le paysage, son agenda écocidaire et capitaliste ne fait que peu de doute. En pleine guerre, déclenchée contre l’Iran, dont l’une des répliques a été de bloquer le détroit d’Ormuz, l’administration Trump a annoncé le versement de 928 millions de dollars (environ 800 millions d’euros) au géant énergétique français TotalEnergies.

Cet accord inédit ne sera effectif – et cette somme, qui correspond au montant versé pour des concessions sous l’administration Biden, allouée – que si la multinationale abandonne son projet de construction de parcs éoliens au large de New York et de la Caroline du Nord. TotalEnergies devra aussi la réinvestir dans le pétrole et le gaz.

Développer de nouvelles centrales électriques au gaz

Si le montant a été révélé dès le 17 mars par le New York Times, le pétrolier français et le ministère de l’Intérieur états-unien ont confirmé l’accord lors de CERAWeek, la conférence annuelle sur l’énergie organisée par S & P Global, à Houston (Texas). Un événement au cours duquel le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, a réaffirmé que l’énergie éolienne était inefficace.

Les contours de l’accord avec TotalEnergies ont été alors précisés : l’industriel français compte investir dans une installation au Texas, destinée à exporter du gaz naturel liquéfié vers les marchés internationaux, accroître sa production de pétrole dans le golfe du Mexique et, enfin, développer de nouvelles centrales électriques au gaz « afin de répondre à la demande croissante d’électricité des centres de données ».

Guerre au Moyen-Orient : « Les belligérants ne ciblent plus seulement une armée mais aussi les écosystèmes dans une logique de dissuasion »

La Maison Blanche réalise ici un transfert inédit de fonds publics vers une entreprise privée dans le seul but de stimuler la production d’hydrocarbures et de tuer toute initiative de développement d’énergies renouvelables. « L’époque où les contribuables subventionnaient une énergie peu fiable, inabordable et non sécurisée est officiellement révolue, et l’ère d’une énergie abordable, fiable et sécurisée est là pour durer », a annoncé le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, en direct du Texas.

Le directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a tenté de justifier l’accord par une prise de décision soi-disant « pragmatique ». Un moyen d’euphémiser la réalité d’un projet dont les principales conséquences vont être d’accélérer le dérèglement climatique. « Soyons clairs : nous ne renonçons pas à l’éolien terrestre, a-t-il par la suite affirmé. Nous continuons d’investir dans le solaire terrestre, l’éolien terrestre et les batteries. »

Plus d’un million de foyers et d’entreprises

Reste que l’industriel préfère sacrifier cette technologie sur l’autel de la rentabilité. « Lorsque l’administration Trump est arrivée au pouvoir et a commencé à définir la politique énergétique américaine, nous avons clairement indiqué que nous devions reconsidérer ces projets éoliens en mer », a-t-il conclu. En réalité, TotalEnergies n’a pas eu à batailler bien longtemps : les deux projets éoliens ont été suspendus dès novembre 2024, seulement quelques semaines à peine après la victoire de l’ex-magnat de l’immobilier et avant même de pouvoir lancer les chantiers.

Le plus grand des deux parcs éoliens prévus par TotalEnergies, connu sous le nom d’Attentive Energy, « aurait produit suffisamment d’électricité pour alimenter plus d’un million de foyers et d’entreprises dans l’État de New York et le New Jersey », rappelle le New York Times. Le second projet, Carolina Long Bay, aurait quant à lui pu alimenter près de 300 000 foyers et entreprises dès le début des années 2030.

Hausse des prix des carburants : le gouvernement s’en remet au bon vouloir des distributeurs

Donald Trump ne cesse de critiquer le secteur éolien offshore, répétant à qui voulait l’entendre qu’il ne construirait « aucune éolienne aux États-Unis » durant sa présidence. Dès son retour à la Maison Blanche, le président des États-Unis s’est appliqué à saboter « l’Inflation Reduction Act », le plan climat promu par son prédécesseur, Joe Biden, en 2022. Avec sa campagne « Drill, baby, drill » (Fore, bébé, fore), l’élu républicain a relancé les productions de pétrole, de gaz de schiste et l’extraction de minéraux.

Fin 2018, lors de son premier mandat, l’administration Trump avait tenté de bloquer cinq parcs éoliens en construction sur la côte Est. Plusieurs juges fédéraux l’avaient finalement débouté, suite aux poursuites intentées par les promoteurs des projets. Avec cet accord, l’élu républicain inaugure une nouvelle tactique, s’évitant un passage par la justice. Au détriment de la lutte contre le dérèglement climatique.

La Terre de nos batailles

La justice climatique, c’est notre bataille. Celle qui relie luttes environnementales et sociales pour contrer un système capitaliste faisant ventre de tout. Du vivant, de la planète, de notre humanité.

Il n’y a pas de fatalité.

Nous démasquons les manipulations des lobbies.

Nous battons en brèche les dénis climatiques mortifères.

Nous mettons en valeur les initiatives visant à réduire les inégalités environnementales et les fractures sociales.

Soutenez-nous.Je veux en savoir plus

Lisez la suite de cet article

et débloquez tous les contenus


© L'Humanité