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Mort de Quentin Deranque : comment les néofascistes ont dû remballer leur martyrologie

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27.03.2026

Pendant une dizaine de jours, ils ont monopolisé le crachoir pour transformer en saint un jeune homme raciste, antisémite et passablement violent, mort lors d’une bagarre rangée avec les antifascistes à Lyon à la mi-février. Puis, dans la presse, dont « l’Humanité », les révélations se sont multipliées, jetant une lumière crue sur les manipulations fomentées par les identitaires de Némésis et leurs sbires de l’extrême droite la plus radicale.

Pendant une dizaine de jours, leurs discours ont coulé sur les plateaux. Roulé sans se fouler, ni contradiction, et pas qu’à CNews… Marée brune sur les ondes, dans les colonnes, sur les antennes : à la mi-février, après la mort de Quentin Deranque, à la suite de coups portés à la tête par des antifascistes lors d’une bagarre rangée, à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences-Po, tout était ouvert pour les identitaires à faux nez féministe de Némésis et leurs sbires.

Alors qu’il était simplement là pour défendre des femmes menacées par des barbares d’extrême gauche – c’était en substance la thèse qu’ils répétaient à l’envi –, un jeune homme de 23 ans était décédé. Il avait été un ami, pour une poignée d’entre eux ; il serait leur martyr à tous, dorénavant. Sortis d’un coup de leurs réduits néofascistes, ces gens-là vivaient un peu leur meilleure vie. Et d’ailleurs, ils ne s’en cachaient pas. Ou si mal.

Dès le début, les signaux, pas vraiment faibles pourtant, étaient là, sur les réseaux ou les boucles des néofascistes. Les Parisiens du groupuscule Luminis osaient : « Comme lui (Quentin Deranque – NDLR), la lutte à mort nous rend joyeux. » Les Lyonnais d’Audace saluaient le « camarade Quentin, bien connu de nos militants » avant de fustiger les « vautours avides de récupération politique » de la « droite parlementaire et sioniste ».

Porte-parole du Comité du 9-Mai (C9M), organisateur d’un défilé aux accents nationalistes-révolutionnaires – néonazis donc – chaque année dans Paris, l’Angevin Jean-Eudes Gannat saluait en Quentin Deranque « le symbole d’une jeunesse...

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