« À pied d’œuvre » de Valérie Donzelli, un transfuge de classe à l’envers
En adaptant le livre de Franck Courtès, Valérie Donzelli interroge le statut de l’artiste et l’ubérisation du travail. Un beau film porté par l’interprétation sobre de Bastien Bouillon.
On entre dans À pied d’œuvre, huitième long métrage de Valérie Donzelli, par effraction. Un puissant coup de masse asséné contre un mur recouvert d’un papier peint vieillot ouvre une brèche qui donne l’impression de passer de l’autre côté du miroir.
L’histoire de Paul Marquet (Bastien Bouillon), photographe installé devenu écrivain précaire, est celle d’un transfuge de classe à l’envers, du passage conscient d’un milieu aisé et intellectuel au quotidien de manœuvres, chauffeurs, bricoleurs polyvalents. Quand il décide d’abandonner la photo pour écrire son nouveau roman, Paul est sûr de lui, même si son éditrice le met en garde et refuse d’augmenter l’à-valoir qu’elle lui a déjà versé.
Pour mener la vie qu’il a choisie, il quitte l’appartement confortable où il habitait avec sa femme, partie au Canada avec leurs........
