Municipales 2026 : pourquoi le nombre de femmes maires progresse trop lentement
La parité qui s’applique désormais à toutes les communes a massivement fait rentrer les femmes dans les conseils municipaux de tout le pays. Mais le poste de maire reste accaparé par les hommes.
La loi a porté une partie de ses fruits. Grâce à la modification du mode de scrutin imposant la parité dans tous les conseils municipaux de France, il devrait y avoir 48,9 % de conseillères municipales dans le pays, d’après un décompte du Monde. Soit une progression de plus de 11 points par rapport à l’élection de 2020, où l’obligation de parité ne s’appliquait qu’aux communes de plus de 1 000 habitants (seulement 10 000 communes sur 35 000).
Pourquoi pas 50 % ? Tout simplement parce que comme le nombre de conseillers municipaux est toujours impair et que les listes sont très majoritairement menées par des hommes, il y a une toute petite majorité d’hommes dans ces conseils. Aussi, dans les plus petites communes, il était permis de ne pas présenter une liste complète.
La proportion de femmes maires devrait aussi progresser pour atteindre les 23 % d’après le Monde, qui a comptabilisé les têtes de listes gagnantes. Puisque les maires des communes qui ont dû organiser un second tour n’ont pas été formellement élus (ce sera le cas d’ici dimanche), le chiffre peut théoriquement un tout petit peu bouger. C’est, certes, une progression de trois points par rapport à 2020… mais en vérité assez décevante.
Un recul significatif dans les 10 premières villes
Depuis 2001, et la première application de lois sur la parité aux élections municipales (à l’époque, pour les communes de plus de 3 500 habitants, soit une minorité des communes), le taux a progressé de plus ou moins trois points à chaque renouvellement. Alors que 25 000 communes supplémentaires sont concernées par la loi cette année, il y a de quoi être déçu.
À Bagneux, la sérénité d’un pouvoir municipal 100 % féminin
« Il y a même un petit tassement dans la progression », juge Catherine Achin, enseignante-chercheuse à Paris-Dauphine, qui suit de longue date la place des femmes en politique, et qui avance le chiffre de 22,7 %. À ce rythme, la parité à tous les postes dans les mairies serait atteinte lors des municipales de… 2083.
Catherine Achin note par ailleurs que les listes menées par des femmes ont proportionnellement plus perdu que les listes menées par des hommes, puisqu’elles étaient 25 % et qu’elles n’ont gagné que dans 23 % des cas. Enfin, derrière une faible progression du nombre de femmes maires, il faut aussi noter un véritable recul dans les premières villes du pays.
Seules 2 femmes (Johanna Rolland à Nantes et Catherine Trautmann à Strasbourg) dirigeront une des dix premières mairies. En 2020, c’était la parité (avec aussi des femmes maires à Paris, Marseille, Lille, Strasbourg, Nantes). Certes, la plupart ne se sont tout simplement pas représentées, comme Anne Hidalgo à Paris ou Martine Aubry à Lille, mais le symbole est important. Sur les 100 villes les plus peuplées du pays, une douzaine devraient être dirigées par des femmes contre une vingtaine il y a six ans. Un reflux assez net.
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