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« S’afficher syndiqué, c’est s’exposer à une fin de carrière anticipée » : chez Amazon, la répression syndicale érigée en système

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16.03.2026

Pressions, brimades, licenciements, refus de toute négociation collective… Les témoignages de syndicalistes de toute l’Europe montrent que la répression syndicale est érigée en système sur les sites de la multinationale.

L’hiver dernier, sur le parking du plus gros entrepôt Amazon de France, à Brétigny-sur-Orge (Essonne), il y avait une portée de chatons. Deux salariés d’Adecco (leader du recrutement intérimaire en France), dont la fonction était de coordonner les nombreux précaires qui venaient chaque jour trimer pour le géant du e-commerce, s’étaient pris d’affection pour les petits et les nourrissaient. « Ma nièce cherchait un chat, alors je leur ai demandé s’ils pouvaient me confier un des chatons, raconte Latifa, qui était élue CGT, passée depuis à la CNT-SO (Confédération nationale des travailleurs-Solidarité ouvrière). Alors ils sont venus m’en déposer un au local syndical. »

L’une des innombrables caméras de surveillance installée par Amazon a filmé la scène, et les deux salariés d’Adecco, accusés par le donneur d’ordres de sympathie syndicale, se sont vu interdire l’accès de l’entrepôt, et leurs badges ont été désactivés du jour au lendemain. « Depuis, la caméra tournée vers les locaux syndicaux a été enlevée, mais le mal est fait. Au moins, le chaton va bien », poursuit Latifa.

Pour le moins édifiante, l’anecdote est surtout révélatrice d’un système. À Lauwin-Planque, qui abrite le gros entrepôt du département du Nord, ce sont les militants SUD qui sont victimes, selon leurs dires, d’une véritable chasse...

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