Charleroi : urbex dans les ruines du capital |
Autrefois ville industrielle majeure du « Pays noir », Charleroi porte les traces d’un passé ouvrier aujourd’hui en friche. En explorant ses usines abandonnées, les adeptes de l’exploration urbaine racontent autant une pratique qu’un système : celui d’un capitalisme qui investit un lieu, l’exploite, puis s’efface, ne laissant derrière lui que des ruines à explorer.
Charleroi n’accroche pas au premier regard. La ville paraît grise, cabossée ; vitrines closes et façades fatiguées bordent certaines rues proches des anciennes zones industrielles. Le vent s’y engouffre parfois sans rencontrer grand monde. Autour, les friches s’imposent comme des témoins silencieux d’un important passé industriel qui s’éloigne peu à peu. Ceux qui arpentent régulièrement la ville nuancent pourtant cette impression : « Charleroi peut sembler dure au premier abord, mais il suffit de rester un peu pour voir autre chose ; il y a une vraie fierté ouvrière ici, et beaucoup de gens qui se battent pour faire vivre ces lieux », glisse Nicolas Pérez, guide et membre de la Chaîne des terrils, une association engagée dans la valorisation du patrimoine minier et de l’histoire sociale locale.
Longtemps, le cœur du « Pays noir » a été l’un des moteurs industriels belges : charbon à fleur de terre, sidérurgie, métallurgie, production de verre. « Par le passé, il y a eu jusqu’à 21 hauts-fourneaux ; aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un », poursuit-il. La ville porte...
Lisez la suite de cet article
et débloquez tous les contenus