Michelle Perrot : « George Sand avait la passion de l’égalité »

À l’heure où s’impose l’idée de l’entrée au Panthéon de l’écrivaine libre de cœur, de corps et d’esprit, pionnière du féminisme, qui prit fait et cause pour les ouvriers et les paysans de son temps, la grande historienne évoque la haute figure de celle qui venait, à sa manière, du peuple de Paris.

La perspective du 150e anniversaire de la mort de George Sand (1er juillet 1804 à Paris – 8 juin 1876 à Nohant dans l’Indre) suscite un appel de mémoire considérable. Son entrée au Panthéon s’impose. Qui mieux que Michelle Perrot, pour évoquer George Sand, cet être libre en un temps où les femmes n’avaient pas voix au chapitre ? On lui doit notamment, avec Georges Duby, le monument qu’est l’« Histoire des femmes en Occident ». Elle répond à nos questions, sur celle à qui elle consacrait dans « Secrets d’histoire », le 2 août 2016, sur France 2, l’émission « George Sand, libre et passionnée ».1

Comment expliquer la puissance de travail et de don de soi de George Sand ?

Elle avait une énergie considérable. C’était une insoumise, une révoltée. Le milieu dans lequel elle a vécu l’a portée. Sa grand-mère, qui lui a légué Nohant, était une femme des Lumières. Sans connaître personnellement Jean-Jacques Rousseau, ça comptait pour elle. Le père de George Sand (laquelle portait alors le nom d’Aurore Dupin – NDLR) était un soldat des armées napoléoniennes. L’époque la pousse vers la révolte.

Comment la voyait-on en son temps ?

Elle avait des admirateurs et des admiratrices passionnés, mais aussi de nombreux détracteurs. Certains considéraient qu’elle avait une vie dévergondée, des idées...

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