Au festival Faits d’hiver, Marguerite Duras s’incarne dans Thomas Lebrun |
Le danseur-chorégraphe rend un hommage surprenant à l’écrivaine au franc-parler, qui défraya jadis la chronique, jusque dans l’émission « Apostrophes », devant Bernard Pivot.
Le festival Faits d’hiver bat son plein dans dix-huit lieux de Paris, avec 12 créations et la reprise attendue d’une pièce de Thomas Lebrun, couronnée en 2023 du Grand prix du meilleur spectacle chorégraphique, décerné par le Syndicat de la Critique : l’Envahissement de l’être (danser avec Duras). Ce solo, incarné par le chorégraphe, directeur du Centre chorégraphique national de Tours (CCN), exhume la figure de Marguerite Duras (1914-1996).
Lebrun se trouve dans la pénombre, effacé, presque invisible. La voix de Marguerite Duras, dans l’émission Apostrophes du 28 septembre 1984, se répand dans tout l’espace. C’est juste après la sortie de l’Amant. On retrouve aussi Bernard Pivot, le grain d’une époque, celle de l’écrivaine qui défraie alors la chronique. Les gestes de Thomas Lebrun, d’une délicatesse infinie – un pied puis l’autre en diagonale – semblent à l’écoute dans le noir.
Peu à peu, Duras nous entre dans l’oreille, tandis que lui se l’incorpore. De son propre aveu, il l’a peu lue mais beaucoup écoutée à la radio. Il la connaît par corps, en somme. Dans une des archives sonores citées, Duras évoque l’enfance dure « en Indo », celle des petits blancs,........