Pierre Carles, réalisateur de « L’affaire Abdallah » : « Il y a un parallèle entre Missak Manouchian et Georges Ibrahim Abdallah »

En remontant le cours de l’histoire, le documentaire nous donne à voir et à comprendre les tenants et aboutissants de l’affaire Abdallah, une affaire d’État qui ne dit pas son nom.

En démêlant les fils de l’affaire Abdallah, Pierre Carles démonte un à un les arguments qui ont prévalu au maintien en détention de celui-ci pendant plus de quarante ans. Avec des dirigeants français dociles vis-à-vis des États-Unis et une presse qui n’a pas hésité à relayer complaisamment les accusations mensongères contre lui. Un film nécessaire.

En 1986, alors que Paris est ensanglanté par des attentats, la presse relie immédiatement ceux-ci à Georges Ibrahim Abdallah, qui est pourtant en prison depuis deux ans. Pourquoi les journalistes sont-ils tombés dans le panneau ?

Parce que le Monde est tombé dans le panneau. À l’époque, c’était le quotidien de référence, et s’il publiait quelque chose à 14 heures, c’était repris comme parole d’évangile par les autres médias. Et à l’époque, les autres médias, c’était trois chaînes de télévision, les stations de radio, des quotidiens…

Sauf l’Humanité, peut-être pour des raisons idéologiques : Abdallah était un communiste, on ne pouvait pas croire qu’un communiste puisse être responsable de ces attentats. Mais le Monde a donné le la, et...

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