Bolivie : « La voie du dialogue est épuisée, nous n’aurons de repos tant que le président n’aura pas quitté le pouvoir »

En Bolivie, les protestations ne faiblissent pas face au projet néolibéral du gouvernement de Rodrigo Paz. Entretien avec René Soliz Villca, un des dirigeants de la Confédération syndicale des communautés interculturelles originaires de Bolivie.

Depuis son arrivée au pouvoir le 8 novembre, le président bolivien Rodrigo Paz affronte une vague de contestation sans précédent qui dure maintenant plus de trois semaines. Mineurs, ouvriers, enseignants, paysans, routiers ont déclenché de fortes mobilisations à travers 6 des 9 régions du pays, tout en cherchant à bloquer La Paz, la capitale administrative. « Peu importe s’il faut sacrifier des vies, l’objectif est que Rodrigo Paz quitte le gouvernement ; nous n’allons pas permettre qu’il impose son modèle néolibéral » assure à l’Humanité René Soliz Villca, un des leaders de la Confédération syndicale des communautés interculturelles originaires de Bolivie (CSCIOB). Selon lui, le président – soutenu par les Etats-Unis – « est pratiquement acculé ». Entretien.

Secrétaire à l’organisation de la Confédération syndicale des communautés interculturelles originaires de Bolivie (CSCIOB)

Quels secteurs de la société participent aux protestations ?

Les mobilisations touchent plusieurs départements et régions de notre pays, et viennent de plusieurs secteurs. On peut dire que la population dans son ensemble est mobilisée, puisque participent des syndicats, des agriculteurs, des paysans, des ouvriers, des enseignants, des mineurs. Les mobilisations sont donc nationales et très larges, et vont au-delà des marches : il y a aussi des arrêts de travail, des grèves, et nombre de protestations pacifiques. Le blocage des routes est le dernier recours, et nous avons aussi dû y recourir.

Pourquoi était-ce nécessaire d’y recourir à nouveau ? Pouvez-vous nous rappeler quelles sont vos principales revendications ?

Nombre de manifestants recourent à cette mesure extrême parce que le gouvernement (dirigé par le président Rodrigo Paz) n’a pas su répondre aux demandes spécifiques que chaque secteur avait présentées ces derniers mois.

Nous pouvons donner l’exemple du secteur des transports, qui avait sollicité à plusieurs reprises de résoudre le dossier de l’essence contaminée qui est fournie par l’État, (un carburant de mauvaise qualité) qui endommage les moteurs des véhicules et des machines agricoles dans tout le pays. Ce très grave et urgent problème n’a jamais été résolu.

Manifestations en Bolivie : face aux faibles annonces........

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