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PFAS : trois associations portent plainte contre X dans les Vosges et le groupe 3M attendu au tribunal en Belgique

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24.02.2026

En France et en Belgique, deux initiatives citoyennes ont saisi la justice suite à une contamination aux polluants éternels. Dans les Vosges, trois associations ont déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui et atteinte à l’environnement lundi 23 février, révèle ICI Lorraine. Près d’Anvers, le groupe 3M est attendu au tribunal ce mardi 24 février, alors qu’un millier de riverains réclament des indemnisations pour avoir été exposés aux PFAS pendant des années.

La contamination aux polluants éternels (PFAS) a aussi des répercussions concrètes à l’échelle locale. Trois associations écologistes – Lorraine Nature Environnement, l’Association de sauvegarde des vallées et de prévention des pollutions et Vosges Nature Environnement – ont déposé plainte contre X ce lundi 23 février, révèle ICI Lorraine. Ces dernières pointent une mise en danger de la vie d’autrui et une atteinte à l’environnement.

Deux habitants se sont également joints à cette action collective. L’initiative s’inscrit dans l’affaire des polluants éternels à Arrentès-de-Corcieux et Tendon, dans les Vosges. Les deux communes sont concernées par un arrêté préfectoral interdisant la consommation de l’eau du robinet, depuis la mi-octobre.

« On se demande comment on a pu arriver à autoriser ces épandages »

Les prélèvements y ont révélé des taux de PFAS supérieurs aux seuils recommandés. Une enquête diligentée par les services de l’État, dans la commune de Tendon, devait permettre de comprendre l’origine de cette pollution. D’après l’Association de sauvegarde des vallées et de prévention des pollutions, Lorraine Nature Environnement et Vosges Nature Environnement (VNE), cette contamination provient de l’épandage de boues industrielles.

« On veut déterminer quelles sont les responsabilités, et surtout les manquements, par rapport à la réglementation en vigueur », rapporte Jean-François Fleck, vice-président de VNE, qui demande l’ouverture d’une instruction judiciaire. « Dans la réglementation, il est mentionné que les boues contenant des substances toxiques susceptibles d’affecter les écosystèmes ou de porter atteinte à la santé publique sont interdites d’épandage, pointe-t-il. Donc on se demande comment on a pu arriver à (les) autoriser ? »

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Une deuxième initiative citoyenne concernant les PFAS aboutit, au même moment, en Belgique. La direction d’une usine chimique 3M a rendez-vous au tribunal, mardi 24 février, après qu’un millier de riverains ont réclamé des indemnisations pour avoir été exposés aux rejets de composants pendant des années.

Située à Zwijndrecht, près du port d’Anvers, l’usine 3M – un groupe états-unien connu pour son Scotch et ses Post-it – est au cœur d’un scandale depuis 2021. À l’occasion d’un chantier routier, des niveaux de pollution anormaux dans les eaux souterraines et les sols, à proximité du site inauguré dans les années 1970, ont été détectés. Une campagne de prélèvements sanguins a ensuite confirmé l’exposition de centaines d’habitants à une concentration très haute de PFOS, un des multiples composants chimiques des polluants éternels.

Une enquête pénale en cours

Le procès, prévu sur trois jours à partir de mardi après-midi, à Anvers, se tient devant un juge de paix, auquel les plaignants demandent de juger 3M responsable de « troubles de voisinage excessifs », avec à la clé l’octroi d’indemnités compensatoires. Geert Lenssens, l’avocat qui défend le collectif, assure, qu’en 2023, une famille se disant victime de ce voisin pollueur a déjà obtenu gain de cause devant ce même juge, ce qui a gonflé ensuite le nombre de riverains associés à la procédure.

Disant représenter quelque 1 400 plaignants, Me Geert Lenssens réclame pour chacun d’eux 20 000 euros de « compensation provisionnelle », dans la perspective de leurs besoins futurs. Soit près d’une trentaine de millions d’euros en tout. « C’est important car une maladie peut mettre plusieurs dizaines d’années à se déclarer, comme on l’a vu avec l’amiante », souligne l’avocat.

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Ce dernier estime aussi qu’un autre préjudice doit être pris en compte : la perte de valeur d’une maison au moment de sa revente. Après les arguments des plaignants, le juge entendra ceux du groupe états-unien. À l’issue de la dernière audience, jeudi, la décision sera mise en délibéré. Elle n’est pas attendue avant au moins un mois. Le groupe 3M assure ne plus produire de PFAS dans cette usine depuis 2024. Mais ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées mettent des milliers d’années à se décomposer dans l’environnement.

Sollicité par l’Agence France-Presse (AFP), le groupe 3M a rappelé qu’il participait à une vaste opération de dépollution des sols à Zwijndrecht, conformément à un accord conclu, en juillet 2022, avec les autorités de Flandre. Le gouvernement régional et la branche belge du géant états-unien avaient alors annoncé un accord à l’amiable. L’industriel s’engageait à dépenser un demi-milliard d’euros dans des mesures de « réparation ».

Cinq mois plus tard, le groupe du Minnesota, déjà confronté à des procédures judiciaires liées aux PFAS aux États-Unis, avait annoncé qu’il supprimerait ces substances chimiques de tous ses processus de fabrication au plus tard fin 2025. La procédure civile devant le juge de paix a été lancée parallèlement à une enquête pénale, toujours en cours. Pour rappel, l’exposition aux PFAS peut provoquer des effets délétères sur la santé, avec l’augmentation du taux de cholestérol et de certains cancers, des incidences sur la fertilité et le développement des fœtus.

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