Bœuf brésilien traité à l’œstradiol : l’UE revient finalement sur sa parole et confirme des importations sur le marché européen
Malgré un audit annonçant le contraire plusieurs mois auparavant, la Commission européenne a reconnu, mercredi 25 février, que de la viande de bœuf traitée à l’œstradiol 17β a été mise en vente sur le marché européen, entre 2024 et 2025. Considérée comme cancérigène, cette hormone est interdite dans l’UE depuis 2008.
L’accord commercial du Mercosur avec les pays de l’Union européenne (UE) a mobilisé, en France, agriculteurs comme syndicats et élus politiques. Outre la concurrence jugée déloyale et l’aberration écologique qu’il représente, cet accord inscrit dans le marbre l’entrée simplifiée, au sein des Vingt-Sept, de produits non conformes aux normes sanitaires européennes.
Reste que les échanges commerciaux entre les pays membres du Mercosur et ceux de l’UE sont déjà une réalité. Or, selon les informations du média spécialisé Contexte, la Commission européenne a finalement reconnu, mercredi 25 février, ce qu’elle démentait depuis plusieurs mois : la mise en vente sur le marché européen de viandes de bœuf traitées à l’œstradiol 17β – une hormone interdite dans l’UE depuis 2008, car cancérigène – entre 2024 et 2025.
« Environ 0,1 % des importations provenant du Brésil »
« Il n’existe aucune preuve que de la viande provenant d’animaux traités à l’œstradiol ait été mise sur le marché de l’UE », assurait pourtant une représentante de la Direction générale de la santé, en janvier 2025, face à la commission de l’Environnement. « Cela a représenté environ 0,1 % des importations provenant du Brésil », a essayé de tempérer, douze mois plus tard, la Commission européenne.
L’organisation non gouvernementale (ONG) Foodwatch alertait, en novembre 2024, sur le manque de données quant à la part des « 41 000 tonnes de viande de bœuf brésilien importée en Europe » cette année-là qui avait été traitée à l’œstradiol 17β. « Un audit de la Commission européenne révèle que les autorités brésiliennes sont dans l’incapacité de garantir la traçabilité de l’utilisation de cette hormone dans les élevages », pointait alors Foodwatch.
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La Direction générale de la santé a quant à elle publié l’évaluation de l’application du plan d’action, proposé en 2024 par le Brésil, pour remédier à ce problème. Des améliorations réalisées par le réseau de laboratoires brésiliens sur son contrôle ont ainsi été soulignées. La recommandation « visant à garantir que les produits provenant de bovins traités à l’œstradiol 17β ne soient pas exportés vers l’UE » n’a néanmoins « pas été suivie », conclut la Direction générale de la santé.
Pour rappel, l’œstradiol 17β est utilisée dans plusieurs élevages bovins du Brésil, premier exportateur de cette viande au monde. En Europe, cette hormone stimulatrice de croissance sur le bétail femelle est interdite, tant pour une production locale que pour des importateurs. L’œstradiol 17β provoque l’apparition de tumeurs et en favorise le développement.
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