« Nous gagnons de l’argent, mais pas assez pour le banquier qui nous dirige » : à ArcelorMittal, chronique du démantèlement de l’acier français

Suppression de postes, délocalisation des fonctions support, sous-investissement chronique… La multinationale indienne multiplie les signaux de désengagement en France et en Europe, malgré des aides publiques massives.

Mittal est-il en train de condamner l’acier français ? À peine les premières lettres de licenciement faisant suite au plan de 600 suppressions de postes annoncé en avril dernier commencent-elles à tomber qu’un nouveau plan social est déjà sur la table. Fin janvier, lors d’un comité d’entreprise européen, la direction a officialisé son intention de délocaliser plusieurs fonctions support – informatique, logistique, maintenance – vers l’Inde.

« Une deuxième couche pour finir le travail », souffle David Blaise, élu central CGT. Au total, plus de 5 600 salariés pourraient être concernés dans vingt-deux pays européens, dont 1 650 en France. Depuis cette annonce, « la direction joue sur la confidentialité malgré son obligation de nous consulter », déplore Franck Capron, élu CGT présent au deuxième comité européen le 26 février. « Même les experts n’ont aucune donnée, c’est une entrave complète. » Une discrétion qui interroge, alors même qu’ArcelorMittal, qui n’a pas répondu aux questions de l’Humanité, bénéficie d’importants soutiens publics.

Des aides publiques… pour délocaliser

Sur la seule année 2023, le groupe a reçu 298 millions d’aides publiques. Et ce n’est pas fini : début février, aux côtés d’Emmanuel Macron, Reiner Blaschek, PDG d’ArcelorMittal Europe, s’est affiché au pied des hauts fourneaux de Dunkerque (Nord) pour annoncer la construction d’un four électrique.

Sur les 1,3 milliard d’euros d’investissement prévus, 650 millions seraient financés par le...

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