« La nationalisation d’ArcelorMittal est à portée de main » : les sidérurgistes font monter la pression devant le Sénat
Plusieurs centaines de travailleurs et syndicalistes se sont rassemblés, mercredi, devant le palais du Luxembourg, pour défendre la nationalisation de l’entreprise. Le Sénat a finalement rejeté la proposition de loi déposée par les communistes, mais la bataille continue.
Les sidérurgistes n’ont pas dit leur dernier mot. Mercredi 25 février, à quelques dizaines de mètres du Sénat, une centaine de militants de la CGT, venus de toute la France, se sont rassemblés pour défendre la proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal, déposée par les sénateurs communistes dans le cadre de leur niche parlementaire, à la suite du vote historique à l’Assemblée nationale le 27 novembre 2025.
En fin de matinée, une cinquantaine de sidérurgistes venus de Dunkerque ont rejoint la mobilisation dans une ambiance inattendue : fumigènes à la main, ils ont avancé et chanté au son d’une cornemuse écossaise. « C’est un instrument de révolution dans l’imaginaire collectif, rappelle le sidérurgiste et sonneur Laurent-Pierre Thueur. Vu la baston qu’on mène, il a toute sa place. » « On est plus motivés que jamais pour garder nos entreprises et nos savoir-faire », prévient son collègue Matthieu Gruwe, élu CGT.
Autour des travailleurs, des délégations de Safran, EDF ou encore Arkema ont fait le déplacement. « Sans acier, il n’y a ni automobile, ni naval, ni énergie », rappelle Stéphane Flégeau, secrétaire général de la fédération CGT de la métallurgie. « Une chute de la sidérurgie entraînerait, par effet domino, l’ensemble du tissu industriel », alerte Gaëtan Lecoq, secrétaire général CGT du site dunkerquois, devant une foule révoltée.
« On a tous les jours des salariés qui sont mis en danger »
Fin janvier, la direction Europe a annoncé un énième plan de délocalisation vers l’Inde, avec à la clé plus de 5 600 salariés licenciés, dont 1 650 en France dans les fonctions support. « Il en va de notre souveraineté industrielle et de milliers d’emplois directs et indirects », s’indigne la sénatrice communiste du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau-Poly, venue soutenir les salariés avant de rejoindre le vote dans l’hémicycle.
Nationalisation d’ArcelorMittal : « C’est la seule solution raisonnable sinon ce sera la fin de notre souveraineté industrielle », prévient la sénatrice communiste Cécile Cukierman
« Depuis le rachat en 2006, la situation se dégrade continuellement », déplore Nicolas Vilmin, élu cégétiste du site de Montataire (Oise). « On doit toujours faire le même travail, avec moins d’effectifs, c’est intenable ! » Même constat à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), où Zidane Merabet, élu CGT, évoque « des installations vieillissantes et un manque d’investissement chronique ». « On a tous les jours des salariés qui sont mis en danger, complète Christophe Jacquemin, délégué CGT sur le site de Gandrange (Moselle). Il nous anémie, c’est une nécessité de se débarrasser de Mittal ! »
« C’est historique, encense la députée insoumise Alma Dufour. Depuis les années 1980, c’est la première fois qu’un débat sur la nationalisation avance aussi loin. » Malgré le rejet de la proposition de loi par la droite sénatoriale ce mercredi, « la nationalisation d’ArcelorMittal est à portée de main », assure la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.
Tous regardent désormais vers la prochaine échéance parlementaire. Le 11 juin, le texte doit de nouveau être examiné à l’Assemblée nationale dans le cadre de la niche communiste. En cas d’adoption, la décision finale reviendrait au président de la République. « S’il faut faire du métal sans Mittal, on le fera », scandent les travailleurs rassemblés.
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