Procès en appel du RN : il n’aura fallu que deux jours d’audition pour que Marine Le Pen se défausse et s’enfonce

Interrogée pendant deux jours par la cour d’appel de Paris, la députée d’extrême droite a peiné à convaincre qu’elle n’était pas au cœur d’un système de détournement de fonds publics, rejetant les fautes sur ses coprévenus et sur le Parlement européen.

Les doigts de Marine Le Pen en disent long. Entendue devant la cour d’appel de Paris, elle a débuté son audition, mardi midi, les mains posées naturellement sur son pupitre blanc, qu’elle a fini par empoigner fermement pour donner de la force à sa phrase martelée une dizaine de fois : « Jamais de la vie je ne demanderais à un député de prendre des assistants pour travailler pour le Front national. »

Mercredi, à la reprise de l’audience, les phalanges de la députée d’extrême droite ont passé une majorité de la matinée dans ses cheveux, signe de son embarras devant les questions de la présidente, Michèle Agi. Avant de tapoter énergiquement son lutrin brinquebalant à l’écoute des questions des parties civiles puis du ministère public.

La patronne du Rassemblement national (RN) sait qu’elle jouait gros pendant ses deux jours : rien de moins que sa candidature à la présidentielle 2027, aujourd’hui empêchée par sa condamnation en première instance à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

Poursuivie sur ses propres contrats en tant que députée, elle l’est également pour « complicité de détournement de fonds publics » car l’accusation la soupçonne d’avoir supervisé un « système » permettant de siphonner les enveloppes réservées aux assistants parlementaires (25 379 euros par mois et par député) pour rémunérer des personnes travaillant pour le FN.

C’est ce que semble dire un tableau de 2009 intitulé « Payer autrement » et présenté par le ministère public mercredi. Soit une liste de salariés du parti avec leurs fonctions mais aussi le « financeur »,........

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