« On n’est pas entendu ; pire, on est puni » : ces lanceurs d’alerte racontent le violent retour de bâton subi après avoir dénoncé des scandales

Hakim, Yasmine, Raouf et Marie-Pierre évoquent les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Quatre ans après la loi Waserman, censée mieux les protéger, ils appellent à une amélioration de leur statut.

Quand des élèves de son collège lui ont confié qu’un de ses collègues les violait, Marie-Pierre a eu du mal à les croire. Elle a demandé des explications à l’intéressé et, pas convaincue, a saisi le rectorat. « Pendant trois ans, il ne s’est rien passé. » Elle a encouragé les enfants à porter plainte, une enquête a été ouverte, la presse s’en est mêlée. Fin 2024, l’enseignant incriminé a mis fin à ses jours.

Depuis, « c’est comme si c’était moi la coupable », explique la professeure d’EPS. Elle est en arrêt longue maladie, suspendue par sa hiérarchie, elle n’a plus de boulot. Mais si c’était à refaire… « Je le referais, dit-elle. Pour les enfants. »

De l’intimidation au licenciement

Raouf, lui aussi, assure ne rien regretter. Depuis le temps que dure sa bagarre administrative et judiciaire, ce chirurgien orthopédique y a pourtant laissé des plumes. « J’en suis à 140 000 euros de frais d’avocat, dit-il. Sans le soutien de ma...

Lisez la suite de cet article

et débloquez tous les contenus


© L'Humanité