Avec la guerre en Iran, TotalEnergies a réalisé une plus value de 81 millions d’euros en spéculant sur le pétrole

Un rapport de Greenpeace publié le 1er avril documente les profits réalisés par les géants européens du secteur en plein conflit au Moyen-Orient.

Les compagnies pétrolières européennes réalisent 81,4 millions d’euros de surprofits par jour, sur fond de flambée des prix liée à l’attaque américano-israélienne sur l’Iran. En France, cette somme atteint 11,6 millions d’euros. Ces chiffres édifiants sont tirés d’un rapport commandé par Greenpeace Allemagne à un consultant spécialiste en énergie, qui a épluché les chiffres disponibles.

Le terme de « surprofits » signifie qu’il s’agit de bénéfices supérieurs à ceux qui ont été réalisés l’année dernière à la même période. En pratique, 2,5 milliards d’euros de profits ont été réalisés en mars uniquement. « Les compagnies pétrolières ont réalisé chaque jour en moyenne sur la période du 2 au 23 mars 2026 des profits supplémentaires de 75,3 millions d’euros sur le diesel et de 6,1 millions sur l’essence, par rapport à la période janvier-février 2026 », précise Greenpeace. Le rapport démontre ainsi que l’augmentation des prix à la pompe est largement supérieure à celle des prix sous-jacents du pétrole brut.

« Les compagnies européennes ont bien tiré parti de la guerre pour augmenter leurs marges, nous explique Sarah Roussel, chargée de campagne climat et énergie pour l’ONG. Pendant que des personnes meurent au Moyen-Orient, les compagnies pétrolières se remplissent les poches, avec des profits d’aubaine totalement indécents. »

1 milliard de profits en mars, rien qu’en spéculant

Au passage, l’ONG explique ne pas disposer de chiffres compagnie par compagnie, mais on sait par exemple que TotalEnergies fait sûrement partie des grands gagnants. Un article du Financial Times explique récemment que le groupe aurait réalisé 1 milliard de dollars de profits en mars grâce à une opération de pure spéculation.

Il aurait racheté environ 70 cargaisons de pétrole brut provenant des Émirats arabes unis et d’Oman, alors que les prix n’avaient pas encore flambé en raison de la guerre en Iran. TotalEnergies aurait ensuite réalisé un profit record lors de la revente.

Guerre au Moyen-Orient : la revanche des énergies fossiles

Pour Sarah Roussel, les bénéfices engrangés par les pétroliers sur fond de crise mondiale soulignent l’urgence de les taxer. « Il faut s’attaquer à ces compagnies, martèle-t-elle. Taxer leurs bénéfices de façon permanente permettrait de dégager des ressources pour financer des mécanismes d’aide ciblée à destination des ménages à faibles revenus : achats de petits véhicules électriques, rénovation performante des logements… »

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