Amine Kessaci : « S’attaquer au narcotrafic, c’est défier le capitalisme »

Après avoir perdu ses deux frères, visés par les réseaux de narcotrafiquants, le militant Amine Kessaci, 22 ans, poursuit son combat contre la drogue en se présentant aux municipales et en refusant de se taire face à la barbarie.

Il a pris tant de coups qu’il aurait pu rester à terre. À seulement 22 ans, Amine Kessaci a perdu ses deux frères. Le premier, Brahim, a été retrouvé en décembre 2020 calciné dans le coffre d’une voiture. Un règlement de comptes sur fond de narcotrafic. Le deuxième, Mehdi, a été assassiné par balles en plein cœur de Marseille. Un « crime d’avertissement » adressé à Amine, selon les premières conclusions des enquêteurs.

En cause : son combat contre le trafic de drogue, mené par l’association qu’il a créée – Association conscience – afin d’épauler les familles endeuillées, mais également ses appels à mener une guerre contre « ces grands patrons du narcotrafic » qui pourrissent la vie de quartiers entiers, comme la cité Frais-Vallon, à Marseille, où Amine a grandi.

Ces engagements valent à ce militant écologiste de vivre caché et sous protection policière. Le 5 février dernier, à Aix-en-Provence, il a dû être exfiltré d’un meeting, un renseignement de la gendarmerie nationale faisant craindre pour sa sécurité. Dans un livre publié en octobre 20251, un mois avant la mort de Mehdi, il déclarait : « Tant que la fierté nous habitera, nous vivrons. Nous marcherons la tête haute et en rangs serrés, rien ne pourra nous abattre. La vie n’est pas finie. Nos lendemains chanteront. »

Ces mots, il les réaffirme aujourd’hui. Pour Amine, cette lutte est un enjeu vital, voire « civilisationnel » car elle amène aussi à combattre les valeurs qu’ont en commun capitalisme et narcotrafic. Une véritable « lutte des classes », juge-t-il. Et souvent « une lutte à mort ». Entretien.

Deux mois après l’assassinat de votre petit frère, tombé sous les balles du narcotrafic, vous avez annoncé votre candidature aux élections municipales à Marseille, sur la liste de Benoît Payan, pour poursuivre votre lutte. Comment en êtes-vous arrivé à prendre cette décision ?

Je ne me suis pas levé un matin en me disant que je devais être un candidat « for sure », mais mon engagement de longue date me pousse à prendre cette responsabilité. J’ai été candidat par deux fois à des élections, aux européennes et aux législatives, à chaque fois pour porter l’union de...

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