Une sympathique comédie sportive qui célèbre les vertus de l'amitié
Hollywood raffole de ces destins incroyables, de ces existences banales qui, avec beaucoup de passion, moult efforts et un peu de chance, se transforment en véritables contes de fées. Le rêve américain s'inscrit dans cette lignée en racontant le parcours des agents Bouna Ndiaye (Jean-Pascal Zadi) et Jérémy Medjana (Raphaël Quenard) qui ont réussi à représenter quelques-uns des meilleurs joueurs de la NBA.
Le long métrage est à prendre au premier degré, débarrassé de toute ironie qui aurait pu en faire une satire acidulée du basketball. Au contraire, le scénario reprend l'éternel schéma des biopics avec ses succès vertigineux et ses échecs abyssaux. La construction classique ne réserve aucune surprise et le récit beaucoup trop sage risque de s'oublier rapidement. Surtout que la prémisse naïve ne remet jamais sérieusement en question le sacrifice de ses personnages qui s'endettent pour arriver à leurs fins. Comme si cela fait partie du jeu. Mais pour un gagnant, mille boivent la tasse.
Cela n'empêche pas de passer un moment agréable devant l'écran. Anthony Marciano, à qui l'on doit l'hilarant Les gamins et le mignon Play, possède un ton inné pour la comédie, proposant des répliques qui font souvent mouche. Bien que sa mise en scène s'avère anonyme, elle demeure plus que fonctionnelle avec sa trame sonore mélodique à souhait et sa façon satisfaisante de recréer New York à Montréal.
Plus qu'une oeuvre sur le sport, Le rêve américain est d'abord et avant tout une jolie leçon d'amitié. C'est ce sentiment qui offre une certaine profondeur à l'ensemble, qui développe une émotion palpable. C'est seulement ensemble, en s'entraidant, que les héros peuvent affronter les pires calamités en évitant de boire la tasse. Quelques plans rappellent même The Shawshank Redemption, LA référence cinématographique quand vient le temps d'aborder l'amitié masculine.
Cette camaraderie entre les protagonistes devient une métaphore du cheminement de Jean-Pascal Zadi et de Raphaël Quenard, qui se recroisent au cinéma pour la sixième fois. En plus d'être amis dans la vraie vie (cela se ressent tant ils se renvoient la balle avec virtuosité), les comédiens peuvent enfin goûter la célébrité après des années de vaches maigres. Le premier qui possède le charisme d'un gentil Eddie Murphy s'est fait connaître avec Tout simplement noir, tandis que le second, plus exubérant, ne cesse d'élargir sa base de fans depuis ses délirantes participations aux projets de Quentin Dupieux. Même avec des textes plus limités, ils provoquent des rires en quantité phénoménale.
Ce tandem affable et attachant permet d'élever quelque peu la production de ses aspirations et de ses conventions. Sans atteindre le même niveau d'excellence que Moneyball, cette sublime histoire vraie avec Brad Pitt qui passionnait même les cinéphiles qui n'avaient aucun intérêt pour le sport, Le rêve américain demeure un divertissement optimiste, rassembleur et passe-partout dont on ressort le coeur plus léger.
