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Violences, arrestations, tortures, apostasie, clandestinité : le calvaire sans fin des catholiques chinois sous Mao

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21.04.2019

Alors que le concile Vatican II s’achevait (décembre 1965), la Chine allait entrer dans une décennie de désastres et de terreur. Au cours de l’année 1966, des divergences politiques apparurent publiquement entre les dirigeants du Parti communiste chinois. Autour de Mao Zedong, président du PCC, et de son épouse Jiang Qing, certains dirigeants, notamment le maréchal Lin Biao ministre de la Défense, voulaient relancer idéologiquement la révolution pour consolider le régime. Lin Biao avait déjà fait de l’Armée populaire de libération une école de l’idéologie maoïste. D’un autre côté, Liu Shaoqi, le Président de la République populaire de Chine, et Deng Xiaoping, secrétaire général du Comité central du PCC, suivis par la majorité du Comité central, étaient d’abord soucieux de poursuivre les réformes économiques qui avaient été engagées depuis 1962, après l’échec du Grand Bond en avant.

Tout détruire

En août 1966, à l’initiative de Mao, une résolution du VIIIe Comité central du PCC engagea le pays dans la « Grande Révolution culturelle prolétarienne » et remania le Bureau politique. Il s’agissait, selon l’historien Jacques Guillermaz, « d’entretenir “la lutte des classes”, de révolutionner les mentalités et les habitudes collectives et individuelles, de libérer de nouvelles forces de production et de compléter le marxisme-léninisme sur le plan doctrinal. » Si l’on se réfère au texte même de la résolution on voit le radicalisme de ce qui est décidé et les violences qui s’annoncent : « Nous avons pour but de combattre et d’écraser […] l’idéologie de la bourgeoisie et de toutes les autres classes exploiteuses, de réformer le système d’enseignement, la littérature, l’art et toutes les autres branches de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique socialiste, ceci pour contribuer à la consolidation et au développement du système socialiste. »

La religion faisait bien sûr partie de cette « superstructure » à détruire. Les cadres du Parti, l’armée et les « masses » firent une « grande alliance ». La Révolution culturelle s’appuiera d’abord sur les Gardes Rouges, un mouvement de masse composé principalement d’étudiants et de lycéens, mobilisés autour du slogan « Pas de fondation sans destruction ». La « rectification » à entreprendre, selon l’expression employée alors, consista d’abord à détruire les « quatre vieilleries » (les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles........

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