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Bénie soit la République

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20.04.2019

A voir, ce matin, l’unanimité autour des cendres de Notre-Dame, une question se pose dans ce pays si attaché à la laïcité : la nation France n’est-elle plus appréhensible, visible et sensible que dans les sanctuaires ? Le 15 novembre 2015, la Marseillaise a retenti dans la nef de Notre-Dame, et les drapeaux tricolores étaient déployés dans la grande synagogue de Paris. Le 15 juillet 2016, un catafalque tricolore ornait le choeur de la cathédrale de Nice. Le 27 juillet 2016, à Notre-Dame encore, toutes les autorités de la République étaient assises au premier rang. En 1918 un Te Deum avait marqué la fin de la guerre, et le 26 août 1944 – lendemain de la saint Louis, précise-t-il dans les Mémoires de Guerre –, le général de Gaulle célèbrait la libération de Paris par le Magnificat à Notre-Dame et celle du territoire français par un Te Deum le 8 mai 1945 à Strasbourg et le lendemain à Paris. Seules des circonstances très extraordinaires et pour tout dire tragiques rompent avec cet invariant.

Ainsi, le 19 mai 1940, à Notre-Dame de Paris, le gouvernement de Paul Reynaud s’associe aux prières publiques prescrites par l’Eglise en assistant à une procession des reliques de sainte Geneviève. L’antagonisme entre les catholiques et la république relève d’une longue histoire, et sa résorption est récente. A chaque fois qu’elle sembla se faire, en 1848 ou en 1875, elle ne dura pas. N’est-elle que réelle et sans doute ambiguë que depuis que le général de Gaulle, issu d’une famille de « monarchistes de regret » selon sa belle expression, a dessiné sur ses mesures cette république monarchique dans laquelle le suffrage populaire a quelque chose de l’onction sacrale que l’évêque, les fidèles et les grands donnaient au monarque de droit divin.

La prière pour l’Etat s’inscrit dans une longue histoire. Puisque toute autorité vient de Dieu comme le dit saint Paul, les Ecritures commandent aux........

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