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Charlotte Corday, la meurtrière de la “bouche de la Révolution”

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23.04.2019

« Ne pouvant le corrompre, ils l’ont assassiné. » Ainsi Jacques-Louis David résume-t-il le meurtre de l’Ami du peuple, dans une légende placée sur l’une des versions de son Marat assassiné, œuvre parmi les plus célèbres de la Révolution française. Il accepta de réaliser ce tableau sur demande de la Convention nationale, le jour même de la mort de Marat. Il y était député, comme son défunt ami, parmi les élus de la Montagne. Après Le Peletier de Saint Fargeau, tué le 20 janvier précédent, Marat était le second député assassiné. La proposition de David fut acceptée : le tableau représentant Marat trôna à la Convention, symétrique au tableau qu’il avait déjà réalisé à la mémoire de Le Peletier et qui, aujourd’hui, est perdu. L’écho de cette deuxième œuvre fut cependant très différent : des centaines de gravures la reproduisant furent imprimées et David lui-même en peignit au moins trois versions.

Le tableau de David devint immédiatement l’une des toiles majeures de la période révolutionnaire : incontestable réussite esthétique, elle répondait aussi en profondeur à l’émotion suscitée par l’assassinat du député.

Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armans, « l’ange de l’assassinat », pensait avoir tué « un monstre » qui tyrannisait la France et la baignait dans le sang : c’est en tout cas ce qu’elle l’affirma avec constance durant les interrogatoires qu’elle subit avant d’être condamnée et exécutée le 17 juillet 1793, quatre jours après le meurtre. Elle pensait tuer un tyran sanguinaire dont le pouvoir faisait de la Patrie un enfer. Son geste exceptionnel a fait l’objet d’une littérature pléthorique dont elle est régulièrement l’héroïne, cornélienne et biblique à la fois. Le théâtre, le cinéma, les fictions et les documentaires télévisés se sont emparés d’un personnage aujourd’hui encore élevé au rang d’icône de la résistance à la Terreur et à la cruauté des jacobins.

Cet ensemble repose sur un dossier tout à fait complet : les minutes du procès ont été conservées, de même que les comptes rendus des interrogatoires subis par la coupable. De nombreux témoignages ont été publiés. La baignoire de Marat trône aujourd’hui au musée Grévin. Le lieu même du drame, 30, rue des Cordeliers, a disparu lors du Second Empire mais les descriptions et les plans sont suffisamment nombreux pour qu’on en ait une connaissance exacte.

Intégrer cet épisode dans un recueil consacré aux meurtres........

© atlantico