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"En défendant Serge Ayoub, j'ai pensé à Vergès et Klaus Barbie"

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21.01.2019

J’étais presque surpris que les choses se passent aussi simplement. En un coup de téléphone et une réunion d’une demi‑heure, j’étais devenu l’avocat de Serge Ayoub dans une des affaires de libertés publiques les plus importantes de l’année. Certainement dangereux pour ma réputation, mais terriblement exaltant.

Mes amis sont alors très partagés. Tous comprennent ma logique mais beaucoup s’inquiètent des conséquences de cette défense sur mon image et ma carrière. Il est vrai que les avocats défendant des partis ou personnalités politiques très marqués sont en principe du même bord. Ils sont à la fois avocats et militants de la cause. Si l’avocat d’un pédophile ne sera, fort heureusement, pas considéré comme pédophile lui‑même, l’avocat d’un activiste d’extrême droite sera a priori – et habituellement à juste titre – considéré comme un sympathisant. Le cas d’un des plus grands et iconiques avocats français du xxe siècle, Maître Jacques Isorni, n’est d’ailleurs pas là pour tempérer utilement cette corrélation. Né en 1911, le brillant Isorni défendit des communistes sous l’occupation avant de défendre des collaborateurs à la Libération, dont Robert Brasillach et le Maréchal Pétain. À la question : « De........

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