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Valse de valorisations sur le capital-risque : y a-t-il une bulle sur la Tech française ?

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24.06.2019

Michel Ruimy : Les start-ups numériques sont de jeunes entreprises qui essaient de devenir grandes. Ce qui les différencient des entreprises traditionnelles est une caractéristique très particulière de leur modèle de croissance : leur rendement. Plus une firme a des rendements croissants, plus elle se développe rapidement. Pour cela, elle a besoin de « réserves d’oxygène ». Ce processus ne s’arrête jamais. S’il s’arrête, ceci signifie qu’elle a conquis l’ensemble de son marché. Les rendements sont une propriété microéconomique qui débouche, en général, sur une situation de monopole naturel.
Dans ce contexte, les anticipations actuelles des investisseurs sont assez simples. Ils partent de l’idée que l’ensemble des secteurs vont être investis par le numérique. Et que, dans quelques années, une entreprise technologique va émerger et se profiler comme le futur gagnant. Pour eux, la seule possibilité de rendre profitable leur placement est d’être investi dans cette entreprise même si elle ne se révélera être un bon investissement que dans 5, 10 ans. Or, à lire la presse spécialisée et l’annonce de grosses levées de fonds, on tend à oublier cela.
Par ailleurs, les pratiques d’investissement dans l’économie traditionnelle ne marchent plus pour l’économie numérique. Dans l’économie traditionnelle, il fallait diversifier le portefeuille. Aujourd’hui, il faut miser sur le numéro 1 pour gagner de l’argent. A partir du moment où parmi une dizaine d’entreprises, une d’elles se détache, tous se précipitent à sa porte pour essayer de placer du capital. Les enchères montent et la valorisation de l’entreprise aussi. Pour être certains d’avoir un « ticket » dans le gagnant sur chaque marché, les investisseurs remontent la chaîne jusqu’à l’« early stage ». Ils cherchent à investir de plus en plus tôt. Néanmoins, une fois que le vainqueur a pris tout le marché, il n’a pas pour autant gagné « ad vitam aeternam ».
Dès lors, la situation actuelle est-elle le reflet d’un engouement - consécration de la « start-up nation » chère au gouvernement - ? ou celui d’un afflux de liquidités ? Car, aujourd’hui, le coût de l’argent est peu élevé et mettre de l’argent dans une entreprise revient moins cher qu’auparavant. Ceci est dû à l’afflux monétaire consécutif à la politique accommodante des banques centrales qui a sans doute nourri une bulle dans le capital-risque (private equity) concernant les « start-ups » … mais pas uniquement dans ce secteur et pas........

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