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Ni apocalypse prédite par les marchands de peur politique, ni réalisation des promesses faites par les élites depuis 30 ans : l’Europe, qui en parle le mieux (... ou le moins mal) ?

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26.05.2019

Michel Ruimy : L’euro est aujourd’hui utilisé par près de 340 millions de citoyens appartenant à 19 pays. Si, vingt ans après sa mise en circulation, la monnaie unique est plébiscitée par une majorité de citoyens de la zone euro, tout est loin d’être parfait.

Du côté positif, l’euro a permis de stabiliser les prix et a, dans une certaine mesure, contribué à soutenir le pouvoir d’achat en contenant la hausse des prix. Selon la Banque de France, l’inflation aurait été diminuée de 3,7% en moyenne par l’adoption de l’euro. Quant à la suppression des frais et risques de change, elle a également simplifié la vie des entreprises et dopé le commerce intra-communautaire. Elle est aujourd’hui la deuxième monnaie la plus utilisée au monde derrière le dollar américain.

Plus récemment, l’euro a certainement amorti les effets de la crise économique de 2008 en évitant aux États membres une série de dévaluations. Plus précisément, la Banque centrale européenne, en garantissant la dette des États, a évité une fuite des capitaux.Les pays européens qui n’avaient pas adopté l’euro semblent avoir souffert plus que les autres de la crise.

Du côté négatif, il a failli être emporté, en 2012, par la crise de la dette souveraine qui menaçait le système bancaire de dislocation. A cet égard, la « crise grecque », qui a accentué les divisions entre partenaires européens, a souligné les faiblesses de la monnaie unique : manque de solidarité budgétaire européenne, profondes disparités entre les économies, absence d’un prêteur de dernier recours pour les Etats en difficultés…

Si depuis, les Etats ont consolidé l’union monétaire en renforçant la surveillance des banques et en instaurant le Mécanisme européen de stabilité pour contrer la spéculation, elle ne dispose toujours pas d’un budget propre pour investir et répondre aux défis économiques.

En définitive, la création de l’euro a eu, au plan macroéconomique, les coûts attendus pour les pays de la zone euro. Avec la disparition des politiques monétaires nationales, et l’absence de budget fédéral, les Etats-membres ont été incapables de corriger les chocs asymétriques. L’hétérogénéité au sein de la zone euro s’est donc accrue.

Au plan microéconomique, elle n’a pas eu les avantages attendus liés à la disparition du risque de change : la mobilité des capitaux entre les pays de la zone euro a été faible et le marché unique n’a pas développé les échanges commerciaux entre les pays, ni permis l’apparition de grandes entreprises dans les secteurs stratégiques.

En outre, de manière plus spécifique, en relation avec l’inflation, les taux d’intérêt sont restés globalement bas voire très bas depuis le passage à la monnaie unique.Si les particuliers français ont........

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