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Fiasco de l’alliance Renault-Fiat : pourquoi le capitalisme français ne se sauvera pas sans Big Bang refondateur

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07.06.2019

Michel Ruimy : Au plan théorique, l’Etat se trouve dans la même situation qu’un actionnaire ordinaire, dont le but est de tirer le meilleur avantage économique possible de son capital. Or, il est arrivé, plus d’une fois, que l’État gère ses participations capitalistiques en privilégiant les retombées politiques aux retombées économiques, le risque étant couvert par le contribuable.

Plus précisément, ses investissements dans les entreprises doivent répondre, selon le cas ou même parfois ensemble, à des objectifs d’ordre économique (par exemple, développer des activités industrielles, préserver des savoir-faire,…), d’ordre environnemental et d’aménagement du territoire, d’ordre social (préserver des emplois), éventuellement d’ordre financier (cessions d’actifs, dividendes,…) tout en étant présent dans des secteurs sensibles en matière de souveraineté (nucléaire, défense nationale…). Ainsi, la présence de l’État comme actionnaire d’entreprises ne se justifie pas seulement par des raisons patrimoniales ou financières, mais aussi par des motifs de politiques publiques. Il n’est donc pas un actionnaire comme les autres.

Par ailleurs, ses participations se font sur le long terme, tout comme les retours sur investissement. De ce fait, il va investir dans des projets stratégiques correspondant à sa politique industrielle sans que les rendements financiers soient le premier critère d’investissement.

Mais, tout en assumant ces différents rôles, l’Etat doit aussi préserver l’autonomie de l’entreprise pour la définition de sa stratégie. Or, la principale faiblesse de l’Etat actionnaire est paradoxalement sa toute-puissance du fait des multiples leviers - non actionnariaux - dont il dispose (régulation sectorielle, fiscalité, droit du Travail, commandes publiques, relations diplomatiques…).

Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, 1 voiture sur 3 sont construites en Chine, de même qu’1 voiture électrique sur 2. En outre, le secteur automobile européen doit se consolider du fait de la transition écologique. Pour Renault, son mariage avec Fiat semble avoir capoté pour des raisons qui la dépasse.

Dans ce contexte, toute défaillance de l’Etat, réelle ou supposée, a inévitablement une portée médiatique. Il est alors urgent de développer une maturité nouvelle par rapport à ces attentes et........

© atlantico