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Chirac, l’homme qui pensait en termes de millénaires sans toujours voir l’Histoire qui s’écrivait sous ses yeux ?

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29.09.2019

Michel Ruimy : Il est difficile de penser que la crise financière de 2007 et sa gravité était anticipée par quiconque car on ne peut jamais prévoir exactement ce qui va se passer, où le système va lâcher et qui sera concerné. Mais on connaissait les zones de faiblesse. Des études statistiques ont démontré que acteurs du secteurétaient vraisemblablement conscients de l’imminence d’une correction du marché même si les signes d’une crise en préparation ont été masqués entre 2001 et 2005 par la hausse des prix immobiliers.

La crise financière est à due proportion de la situation de fragilité qu’avait développée l’économie mondiale. Une fragilité masquée par ses succès : la libéralisation globale des marchés financiers, l’intégration des économies, l’action victorieuse des banquiers centraux dans leur lutte contre l’inflation, etc. Cette situation avait tout du « paradoxe de la tranquillité ». Ce paradoxe va se doubler d’un « paradoxe de la crédibilité » :les bons résultats de la lutte contre l’inflationont renforcé la crédibilité des banques centrales. Une abondante liquidité aidant, les marchés ont alors recherché activement une rentabilité.

Cette crise peut ainsi s’expliquer par des déséquilibres macroéconomiques auxquels il faut ajouter des dysfonctionnements microéconomiques (exigence de rentabilité et relâchement des conditions d’attribution des prêts) ainsi que l’essor de pratiques financières à haut risque.Sur ce dernier point, un des piliers sur lequel repose la supervision du système bancaire prévoit que l’augmentation du volume de crédits s’accompagne d’une augmentation des besoins en fonds propres des banques, ce qui a pour effet, normalement, de contraindre ces dernières dans leur offre de prêts. Mais, durant ces années, ce mécanisme stabilisateur n’a pas pleinement joué. Les institutions financières se sont très bien adaptées à cette contrainte en élaborant de nouveaux véhicules de titrisation.

L’effondrement a commencé lentement, pour se transformer, par la suite, en avalanche incontrôlable. On a assisté à la conjonction de nombreux événements qui se sont renforcés les uns les autres.En effet, avant cette crise, le capitalisme moderne aconnu des alertes mal interprétées ou sous-évaluées : crise des pays du sud-est asiatique (fin 1997), crise LTCM (fin 1998), effondrement des Bourses en 2000 et l’explosion dela bulle internet, etc.

En septembre 2007, certains qualifiaient lasituation de « forte correction des marchés ». Jusqu’en août 2008, les banquiers centraux, seuls, ont gardé la maîtrise de la mise sous perfusion des marchés financiers sans alerter suffisamment........

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