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Ce que la droite pourrait proposer d’intelligent en économie pour ne pas avoir l’air d’être un copier-coller d’Emmanuel Macron (et sans trahir son ADN)

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31.05.2019

Michel Ruimy : On est dans un moment politique où les notions de Droite et de Gauche ne sont plus très structurantespuisqu’une partie des électeurs ont acté, lors de l’élection présidentielle de 2017, l’impuissance de ces deux courants à résoudre les préoccupations des Français. D’autres oppositions sont plus d’actualité : Parisvs Province, société « ouverte » vs société « fermée » ...
Par ailleurs, La Droite était, traditionnellement, une synthèse de plusieurs courants. Aujourd’hui,si la Droite est encore présente sur les territoires, elle est complètement éclatée. La Droite « orléaniste », libérale, est en phase avec Emmanuel Macron et la Droite « bonapartiste », populaire, est proche de Marine Le Pen.
En fait, la décrépitude des LR s’explique par plusieurs raisons. Lorsque Laurent Wauquiez prend le parti Les Républicainsen décembre 2017,il « coche » toutes les cases de la révolte sociale (limitation de la vitesse à 80 km/h, augmentation des charges sur les retraités, taxe carbone…). Il se positionne sur le créneau de la Droite populaire afin de récupérer l’électorat qui est parti au Rassemblement National.Mais « Les Républicains » (LR) incarnent trop l’« establishment ». Même s’ils tiennent le bon discours, ils ne sont pas reconnus comme légitimes pour le porter. Marine Le Pen le fait mieux.
En outre, il y a un parallèle intéressant à observer avec 1958 et le retour au pouvoir de De Gaulle. Comme le Général, Emmanuel Macron a bénéficié de l’implosion du régime existant. Il y a même puissamment contribué. Mais, De Gaulle a, par la suite, transformé les institutions et la culture politique nationales de manière fondamentale, contrairement à notre président, qui semble, pour le moment, se contenter d’incarner une figure classiquement « gaullienne ». Il gouverne essentiellement au centre-droit, s’entoure d'énarques, domine son parti, cantonne son Premier ministre dans un rôle subalterne et utilise, avec jubilation, tous les leviers traditionnels du pouvoir.Ceci n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose en soi : la présidence avait besoin d’un sérieux toilettage après le passage de François Hollande.
En conséquence, l’espace politique du parti de Laurent Wauquiez, obnubilé par l’identité et l’immigration, devenu eurosceptique voire antilibéral, s’est réduit et est devenu bien étroit. A cet égard, lors des élections européennes de dimanche dernier, sur les 134 circonscriptions actuellement détenues par la Droite, pas une seule n’a accordé la première place à la liste LR. La liste LREM arrive en tête dans 24 d’entre elles, les 110 autres ont toutes placé le RN en tête. Signe s’il en était des fractures au sein d’un électorat de Droite écartelé.
Coincée pour le reste du quinquennat entre Marine le Pen et Emmanuel Macron, la Droite française est-elle, pour autant, encore capable de se définir elle-même ? Persuadée qu’elle succéderait à François Hollande sans avoir à forcer son talent, elle n’avait pas vu venir Emmanuel Macron et sa recomposition politique, dont elle est aujourd’hui la grande perdante. Deux ans après le début du quinquennat, l’offre politique proposée par le parti de Laurent Wauquiez reste à définir. Dépassée par la rhétorique anti-migrants de Marine le Pen, débordée par le conservatisme de la Manif pour Tous et dépossédée de son programme économique par Emmanuel........

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