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Tous végétariens ou vegans ? Quand l’OMS met le hola sur les régimes universels écologiques

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23.04.2019

Guy-André Pelouze : L’alimentation est indispensable à la survie et à la qualité de vie de l’espèce humaine.

Ce n’est que grâce à la production alimentaire que l’espèce s’est développée dans l’histoire et notamment qu’elle est sortie des famines et des épidémies au 18ème siècle. Il faut rappeler les faits qui ont été décrits dans le livre du Prix Nobel Robert William Fogel en 2004: The escape from hunger and premature death, 1700-2100. En France au début du 18ème siècle la ration calorique journalière était de 1657 calories (Figure n°1). Ce qui laissait 439 calories en moyenne pour la production et d’autres activités. Cette énergie excédentaire disponible est aujourd’hui de plus de 2000 calories. La ration calorique qui aujourd’hui est excédentaire était jusque là un facteur limitant de la productivité, des loisirs, de l’espérance de vie et de la qualité de vie. C’est ce que démontre par ailleurs la distribution de cette consommation calorique journalière (Figure n°2). Historiquement cette production alimentaire ancestrale est adaptée à la niche écologique qu’occupe une population. La production industrielle et l’essor des échanges commerciaux (ce que l’on appelle la globalisation) ne doivent pas faire sous estimer la production locale. Cette dernière malgré des différences de modèle économique est en moyenne meilleur marché et de surcroît adaptée aux goûts et cultures locales. De plus elle assure une indépendance alimentaire aux populations qui la pratiquent.

Les rations caloriques depuis 1700 en France et en Grande Bretagne. La production alimentaire a permis la sortie d’un monde de famines et de mort prématurées.

Distribution de la consommation journalière de calories en France et en Angleterre à la fin du 18ème siècle mettant en évidence des différences du simple au triple.

L'Organisation Mondiale de la Santé abandonne son adhésion au régime EAT-Lancet

Le sens du revirement de l’OMS est multiple. L’OMS a constaté que si des pays qui ont un PIB/habitant faible étaient privés de certaines productions animales pour des raisons de planification à l’échelle mondiale une crise grave surviendrait à la fois alimentaire et sociétale. Plus grave encore l’OMS constate qu’il s’agit d’une initiative qui demande un gouvernement autoritaire:

“La Commission identifie différents types d'interventions publiques visant à «changer le système alimentaire mondial», qui vont de mesures moins contraignantes (telles que «l'éducation» du public par le biais de campagnes d'information grand public) à des mesures plus strictes, qui incluent des incitations à certaines catégories spécifiques d'aliments, dissuasion par mesures désincitatives pour les autres catégories, restriction de la liberté de choix des consommateurs et, en dernier lieu, élimination TOTALE de la liberté de choix des consommateurs. Une fois cette dernière étape franchie, la Commission indique que l'industrie alimentaire devra simplement "retirer les produits inappropriés" et "diversifier son activité".

Enfin l’OMS pose la question des carences d’un tel régime nous y reviendrons. C’est à mon avis plutôt inquiétant, c’est pourquoi la marche arrière de l’OMS est fondée.

Les pays ayant un faible PIB/habitant sont incapables de faire une transition agricole vers le végétarisme car le coût est très élevé. De surcroît pour certains elle est impossible car les animaux transforment une ressource abondante mais de peu d’intérêt pour l’homme (car indigestible) la cellulose des végétaux en aliment de haute qualité le lait ou la viande. Ensuite de nombreux pays ne pourraient cultiver des céréales pour subvenir à tous les besoins alimentaires de leur population: sécheresse, mécanisation, fertilisants représentent, entre autres, un ensemble de conditions insurmontables.

Dans les pays développés la question de la ration calorique ne se pose pas mais nos systèmes de production sont menacés par ces changements........

© atlantico