We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close
Aa Aa Aa
- A +

Décomposition de la vie politique : raisonnables ou populistes, le match des responsabilités

7 7 0
19.04.2019

Frédéric Mas : Il y a entre LREM et ses adversaires une sorte de nouvelle division des tâches entre d’un côté, comme vous le soulignez, le cercle de la raison, et de l’autre celui des passions. D’un côté, la majorité présidentielle est tellement sûre d’être le camp naturel de l’expertise et de la politique rationnelle qu’elle ne semble pas tellement pressée de convaincre et de discuter avec un public qu’elle juge globalement incompétent. De l’autre, certaines formations, comme le Rassemblement national ou la France insoumise, mais aussi LR, capitalisent sur les passions populaires, qu’elles soient identitaires ou égalitaires, pour gagner les cœurs plus que les esprits. Là non plus la discussion n’est pas possible, car la grammaire des intérêts et des passions est une logique de rapports de forces : on attend des dirigeants qu’ils soient pris en compte dans le processus de décision publique sans discuter.

Or dans les deux cas, ce qui est révélé en creux, c’est l’évaporation de la culture politique nationale. Comme l’observait le philosophe britannique Michael Oakeshott, la politique est comme une conversation commune entre les membres d’une même association civile : elle suppose, pour s’occuper des problèmes qui concernent tout le monde, de partager une éducation et une culture commune de la discussion et de la délibération rationnelle. Ce qui est ici symptomatique, c’est........

© atlantico