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La honte de l’empereur : loin du soleil d’Austerlitz, l’ombre infamante de la bataille de Toulouse

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20.04.2019

En mars 1814, Napoléon, dont l’étoile a connu des temps meilleurs, tire les conclusions de la calamiteuse campagne d’Espagne et rappelle son armée du côté français des Pyrénées, avec pour mission d’empêcher l’ennemi à sa poursuite d’envahir le pays de ce côté-là. Il confie cette tâche au plus méthodique de ses maréchaux, même s’il n’est pas le mieux inspiré. C’est le maréchal Soult, qui va engager une des batailles les plus dérisoires de l’épopée napoléonienne, car doublement inepte.

Empêcher l’ennemi de pénétrer en France c’est vite dit, car l’ennemi en l’occurrence est triple, conséquence des dérapages successifs de l’aventure ibérique : les armées espagnoles, portugaises et anglaises, alliées sous le commandement de Wellington, ont continué à courir derrière le maréchal et ses troupes après leur retour en France, la frontière ne les a pas arrêtées. La tâche est d’autant plus difficile qu’elle arrive au plus mauvais moment : la France en a ras la casquette de son empereur. Après quinze ans de guerres quasi ininterrompues, même ses plus fervents soutiens éprouvent une certaine lassitude, les campagnes ne supportent plus les ponctions de plus en plus radicales de leur jeunesse et les villes les razzias de plus en plus gourmandes de leur patrimoine. Jusqu’aux militaires, après la débâcle de Russie et l’abandon des conquêtes européennes, qui ne croient plus au mythe de leur invincible chef. Déjà, on commençait à fatiguer quand la guerre était loin, à........

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