Epuisement, détresse, précarité : la grande misère des livreurs à vélo |
Alors qu’une directive européenne doit prochainement être transposée en France pour améliorer le travail de plateformes, une étude auprès d’un millier de livreurs met en évidence leur alarmante condition médico-sociale.
Le compte à rebours est lancé. D’ici le 2 décembre 2026, l’Etat français doit transposer une directive européenne sur le travail des plateformes, adopté en avril 2024. Celle-ci introduit notamment une présomption de salariat : autrement dit, la relation de travail entre la plateforme et les personnes qu’elle rémunère pour réaliser le service sera présumée être une relation salariale, charge à la plateforme de prouver le contraire si telle est son analyse.
« L’enjeu de la transposition dans notre droit français est maintenant de rendre cette présomption opérationnelle et efficace », avance dans une tribune récente un collectif d’organisations syndicales ou associatives et d’ONG. Car dans le modèle actuel, fondé sur l’autoentrepreneuriat, « les plateformes se dérobent à leurs responsabilités d’employeur comme la prévention des risques de santé, le versement des cotisations sociales, la représentation syndicale ou tout simplement le respect d’un salaire minimum », estiment les signataires.
Mais avec quelles conséquences pour les travailleurs ? Le sujet a...
Le compte à rebours est lancé. D’ici le 2 décembre 2026, l’Etat français doit transposer une directive européenne sur le travail des plateformes, adopté en avril 2024. Celle-ci introduit notamment une présomption de salariat : autrement dit, la relation de travail entre la plateforme et les personnes qu’elle rémunère pour réaliser le service sera présumée être une relation salariale, charge à la plateforme de prouver le contraire si telle est son analyse.
« L’enjeu de la transposition dans notre droit français est maintenant de rendre cette présomption opérationnelle et efficace », avance dans une tribune récente un collectif d’organisations syndicales ou associatives et d’ONG. Car dans le modèle actuel, fondé sur l’autoentrepreneuriat, « les plateformes se dérobent à leurs responsabilités d’employeur comme la prévention des risques de santé, le versement des cotisations sociales, la représentation syndicale ou tout simplement le respect d’un salaire minimum », estiment les signataires.
Mais avec quelles conséquences pour les travailleurs ? Le sujet a beau être brûlant, les connaissances étaient jusqu’à récemment mal assurées. L’an dernier, une expertise collective de l’Anses sur les livreurs de repas commençait en déplorant « le manque de données quantitatives (fiables et systématiques) sur une population de travailleurs, située dans la plupart des pays "hors des cadres" permettant une surveillance épidémiologique ». L’une des premières raisons de cette ignorance étant que les plateformes elles-mêmes gardent jalousement leurs........