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Le diable s’habille-t-il sur Vinted ? Les ambiguïtés commerciales et écologiques du géant de la seconde main

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27.03.2026

Née en 2008 en Lituanie, la petite plateforme collaborative de revente de vêtements de seconde main est devenue un acteur majeur de l’habillement en Europe. Mais elle n’évite pas certaines dérives. 

Pour de nombreux Français, chiner des articles sur Vinted est devenu une habitude. Sur l’année 2025, la plateforme de mise en relation de particulier à particulier est, selon l’Institut français de la mode, le premier distributeur de vêtements en France, devant Kiabi, Amazon, Decathlon et Shein.

Avec ses 23 millions d’usagers… 

Pour de nombreux Français, chiner des articles sur Vinted est devenu une habitude. Sur l’année 2025, la plateforme de mise en relation de particulier à particulier est, selon l’Institut français de la mode, le premier distributeur de vêtements en France, devant Kiabi, Amazon, Decathlon et Shein.

Avec ses 23 millions d’usagers, l’Hexagone est le premier marché de Vinted, par ailleurs l’un des principaux pourvoyeurs des vestiaires de nombreux Européens. Un vrai tour de force pour un site né en Lituanie qui parvient à concurrencer les géants américains ou chinois du commerce en ligne.

Vinted, qui s’appelait initialement Manodrabužiai, soit « Mon vestiaire » en lituanien, est né d’une expérience personnelle de sa cofondatrice, Milda Mitkute. En 2008, alors âgée de 21 ans, la jeune Lituanienne étudiante en management culturel, déménageant dans un plus petit appartement, doit se débarrasser de certains de ses vêtements. Souhaitant les mettre en vente, elle se tourne vers un ami, Justas Janauskas, étudiant en architecture, qui crée rapidement un site dédié.

Le succès est immédiat et la plateforme attire l’intérêt des médias locaux. Le service s’étend dès l’année suivante en Allemagne sous le nom de Kleiderkreisel (« Rond-point à vêtements ») et connaît le même succès.

Marchandisation de pratiques existantes

En 2016, à la suite de multiples levées de fonds, la plateforme, déclinée en application mobile, est implantée dans huit pays européens et aux Etats-Unis sous le nom de Vinted. Gratuite jusque-là, se finançant par la publicité pour couvrir ses dépenses en serveurs, elle décide d’introduire des frais auprès des vendeurs sur le modèle d’eBay pour tenter de devenir profitable. Une décision très mal reçue par ses utilisateurs qui quittent massivement la plateforme.

« C’était un désastre… Notre bouche à oreille, notre croissance organique, tout a basculé instantanément. En 2016, nous avons connu cette période où nous pensions n’avoir plus que sept ou huit mois à survivre », explique Milda Mitkute dans une interview à la BBC en septembre 2025.

« C’était un désastre… Notre bouche à oreille, notre croissance organique, tout a basculé instantanément. En 2016, nous avons connu cette période où nous pensions n’avoir plus que sept ou huit mois à survivre », explique Milda Mitkute dans une interview à la BBC en septembre 2025.

Au bord de la faillite, l’entreprise recrute sous la pression de ses financeurs un nouveau dirigeant, Thomas Plantenga, passé par OLX puis Wallapop, deux sites de petites annonces. Les frais appliqués aux vendeurs sont supprimés au profit d’une « protection acheteurs » prise en charge par l’acquéreur équivalant à 5 % du prix de vente du produit et un forfait fixe de 0,70 euro. Présentés comme une garantie de conformité du produit, ces frais sont mieux acceptés par les utilisateurs et placent Vinted comme un tiers de confiance.

« Le modèle économique de Vinted est propre à la consommation collaborative avec une commission payée par les acheteurs, décrit Boris Descarrega, directeur associé de l’Observatoire société et consommation (Obsoco). Il........

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