Arnaud Miranda : « Les néoréactionnaires poussent Trump vers le coup d’Etat »

Depuis que Donald Trump a repris le pouvoir aux Etats-Unis, il a stupéfié l’opinion publique internationale par ses initiatives et ses prises de position. L’effet de souffle est si puissant qu’il a fallu presque un an pour que les analystes fassent la part de ce qui appartient au personnage et à son absence de scrupules, et de ce que qui provient d’élaborations préalables par les différents laboratoires d’idées du camp MAGA (« Make America Great Again »).

Apparu dans les années 2010, le courant néoréactionnaire est parvenu grâce à son alliance avec la « droite tech » à exercer une influence certaine sur l’orientation du gouvernement Trump. Comment est-il possible qu’une nébuleuse de blogueurs néofascistes plutôt marginaux soit parvenue à cette position ? C’est l’objet de l’essai d’Arnaud Miranda, chercheur en sciences politiques, qui vient de publier Les lumières sombres. Comprendre la pensée réactionnaire (Gallimard-Le Grand Continent, 164 pages, 18 euros).

Votre essai Les lumières sombres est sous-titré « comprendre la pensée néoréactionnaire ». En France, on avait appris au tournant des années 2000 à connaître les néoconservateurs qui accompagnaient le président George W. Bush. Les néoréactionnaires sont un courant politique plus récent. Comment le définissez-vous ?

Arnaud Miranda : La néoréaction apparaît à la fin des années 2000 dans ce que l’on appelle la « blogosphère », puis se structure au début des années 2010 à travers des échanges intenses entre blogueurs cachés derrière des pseudonymes, marqués par un style singulier, mêlant propositions théoriques et références issues de la culture geek...

Depuis que Donald Trump a repris le pouvoir aux Etats-Unis, il a stupéfié l’opinion publique internationale par ses initiatives et ses prises de position. L’effet de souffle est si puissant qu’il a fallu presque un an pour que les analystes fassent la part de ce qui appartient au personnage et à son absence de scrupules, et de ce que qui provient d’élaborations préalables par les différents laboratoires d’idées du camp MAGA (« Make America Great Again »).

Apparu dans les années 2010, le courant néoréactionnaire est parvenu grâce à son alliance avec la « droite tech » à exercer une influence certaine sur l’orientation du gouvernement Trump. Comment est-il possible qu’une nébuleuse de blogueurs néofascistes plutôt marginaux soit parvenue à cette position ? C’est l’objet de l’essai d’Arnaud Miranda, chercheur en sciences politiques, qui vient de publier Les lumières sombres. Comprendre la pensée réactionnaire (Gallimard-Le Grand Continent, 164 pages, 18 euros).

Votre essai Les lumières sombres est sous-titré « comprendre la pensée néoréactionnaire ». En France, on avait appris au tournant des années 2000 à connaître les néoconservateurs qui accompagnaient le président George W. Bush. Les néoréactionnaires sont un courant politique plus récent. Comment le définissez-vous ?

Arnaud Miranda : La néoréaction apparaît à la fin des années 2000 dans ce que l’on appelle la « blogosphère », puis se structure au début des années 2010 à travers des échanges intenses entre blogueurs cachés derrière des pseudonymes, marqués par un style singulier, mêlant propositions théoriques et références issues de la culture geek – qu’il s’agisse des memes ou d’allusions à Matrix, Star Wars ou Le seigneur des anneaux. L’appellation « néoréactionnaire » est celle qu’emploient eux-mêmes les acteurs de ce courant de pensée. Et c’est un de ces théoriciens, Nick Land, qui a utilisé en premier l’expression « lumières sombres ».

Les néoconservateurs, qui ont été au pouvoir dans les années 2000, prônaient un interventionnisme au nom des valeurs démocratiques et libérales. Ils ont connu leur apogée avec la doctrine Bush, très moralisatrice, et ses fameuses expressions comme « l’axe du mal » qui avait servi à justifier l’intervention en Afghanistan puis en Irak, avec la volonté de faire du regime change (changement de régime) afin de propager la démocratie et la « civilisation occidentale ». A l’inverse, les néoréactionnaires considèrent que la démocratie n’est pas une valeur à défendre, ils sont au contraire antidémocrates. Et pour eux, la dimension morale n’a rien à faire en politique. Ils naissent donc contre le néoconservatisme.

Ils ont en revanche des points communs avec la tradition réactionnaire : l’inégalitarisme, la haine de la démocratie, la volonté d’ordonner le social en fonction de hiérarchies « naturelles », et une forme de pessimisme anthropologique car ils considèrent que la violence étant inhérente à l’homme donc qu’il faut organiser la société pour « gérer » cette violence. Mais ils s’en distinguent par un techno-optimisme, qui atteint même le techno-futurisme chez certains auteurs fascinés par la littérature de science-fiction.

Ils peuvent aussi être « accélérationnistes » : il faudrait accélérer le développement du capitalisme par la dérégulation des technologies, numériques ou génétiques. Et, chose a priori étrangère à la pensée réactionnaire, ils ont un fond libertarien. Pour être plus précis, ce sont souvent des libertariens déçus, qui considèrent que leur idéal politique est inatteignable dans une société démocratique.

Quand les maires changent la ville

Comment parviennent-ils à marier les concepts de liberté et celui d’abolition de la démocratie ?

A. M. : On imagine souvent les libertariens comme ennemis de l’Etat, ultralibéraux sur le plan économique, mais aussi libertaires sur le plan des mœurs. En fait, tout un pan de ce courant, conservateur sur le plan des mœurs, considère qu’une société libertarienne ne peut advenir que dans une certaine unité culturelle. En 2000, Hans-Hermann Hoppe, qui était anarcho-libertarien, publie Democracy, The God That Failed [« Démocratie, ce dieu qui a échoué », non traduit, NDLR]. Il voit la démocratie comme le plus grand ennemi de la société libertarienne, car elle serait caractérisée par le désordre et le multiculturalisme. C’est le début d’une transition vers l’antidémocratie.

« Curtis Yarvin considère que l’ordre est la condition même de la liberté. Et pour le faire régner, il penche pour la monarchie dirigée par un "roi-PDG" »

« Curtis Yarvin considère que l’ordre est la condition même de la liberté. Et pour le faire régner, il penche pour la monarchie dirigée par un "roi-PDG" »

Ce renversement des valeurs aboutit aux écrits de Curtis Yarvin, le fondateur du courant néoréactionnaire, qui considère que l’ordre est la condition même de la liberté. Pour faire régner cet ordre, Curtis Yarvin penche pour la monarchie. Son idée est donc de liquider l’Etat – au sens propre, comme une liquidation d’entreprise, car il considère que l’Etat est une entreprise qui s’occupe de la souveraineté – pour le remplacer par un système plus efficace, une monarchie d’un nouveau genre, dirigée non plus par une dynastie mais par un « roi-PDG », ceci pour démonter que son paradigme n’est pas antimoderne.

Mais quelle est l’importance réelle des néoréactionnaires ? Forment-ils un parti ?

A. M. : C’est une plutôt une nébuleuse. Un de ces auteurs la décrit comme une rencontre entre des acteurs, des textes, un medium de diffusion – les réseaux sociaux – et des problèmes philosophiques, un « complexe » qui dépasse la simple volonté ou intention politique des individus. La vocation de ces idéologues n’est pas de convaincre le plus grand nombre, ni de recueillir une majorité pour provoquer un changement dans un cadre démocratique.

Ils se distinguent donc nettement de l’alt-right [pour Alternative Right, courant incarné par Steve Bannon, NDLR], dont l’idéologie nationale-conservatrice considère que les élites sont corrompues et que le peuple est resté sain. L’alt-right a vocation à se diffuser dans la société et à convaincre une majorité de citoyens. La néoréaction, elle, veut convaincre des personnes clés d’adhérer à une marche à suivre lorsqu’elles seront au pouvoir. Autrement dit : parasiter les mouvements populistes pour convertir certaines élites à un plan à mettre en œuvre lors de leur accession au pouvoir.

Sont-ils parvenus à leurs fins avec l’actuelle administration Trump ?

A. M. : En 2016, Trump avait réussi un fantastique hold-up électoral en s’appuyant sur l’alt-right et les chrétiens évangéliques. Mais il n’y avait pas eu d’orientation idéologique claire au cours de ce premier mandat très erratique, dont les néoconservateurs avaient occupé les principaux postes. Cette incohérence a amené un certain nombre de personnalités à tenter de penser le « trumpisme après Trump ».

Cela a été le cas de plusieurs think tanks comme la National Conservative Conference (NatCon), financée par Peter Thiel, qui ont sollicité des courants intellectuels plus structurés afin de donner une marche à suivre au trumpisme de gouvernement. Cela s’est amplifié après la défaite de 2020 face à Joe Biden, et encore plus avec l’échec de l’alt-right lors de la tentative de prise du Capitole le 6 janvier 2021. Conclusion : le national-populisme est efficace pour parvenir au pouvoir, mais inefficace pour gouverner.

« Deux idéologies sont propulsées par J. D. Vance. Le post-libéralisme, conservateur-religieux, et un courant nouveau : la néoréaction, promue par la Silicon Valley »

« Deux idéologies sont propulsées par J. D. Vance. Le post-libéralisme, conservateur-religieux, et un courant nouveau : la néoréaction, promue par la Silicon Valley »

Se présentent alors deux idéologies, propulsées par la candidature de J. D. Vance aux primaires républicaines : le post-libéralisme, conservateur-religieux, qui remet en cause la dimension démocratique de la constitution des Etats-Unis en voulant revenir à une interprétation républicaine, favorisant non plus les droits individuels, mais le « bien commun » – sous-entendu la famille, la lutte contre l’avortement, la religion face à l’athéisme, etc ; et un courant nouveau, le plus étrange : la néoréaction, promue par la Silicon Valley, qui correspond au ralliement de la droite tech au trumpisme.

En 2016, à part Peter Thiel, aucune personnalité de cette droite tech ne s’était prononcée pour Trump. En 2024, et surtout après l’élection de novembre, les dirigeants des plus grandes entreprises du capitalisme numérique américain ont franchi le pas, rejoignant les défenseurs affirmés du trumpisme comme Peter Thiel et Marc Andreessen [business man, créateur d’un des premiers navigateurs web, NDLR].

Or dès 2020 le futur vice-président J. D. Vance cite Curtis Yarvin, alors que tout le monde à l’époque le prend pour un grand fou. Encore aujourd’hui, il passe pour un personnage fantasque, un peu bouffon. On ne peut pas prétendre que Curtis Yarvin, qui était un blogueur marginal, serait à l’origine du trumpisme. Plutôt que de réussite, je parlerai donc de réappropriation des idées.

Le « projet 2025 », qui guide l’action de l’administration Trump version 2025, a été rédigé par The Heritage Foundation, un think tank conservateur, pas vraiment issu des néoréacs. Alors, comment repérer l’influence concrète de ces derniers ?

A. M. : L’opinion publique a commencé à comprendre l’influence des néoréactionnaires à partir de l’annonce de la création du DOGE [Department of Government Efficiency, ministère de l’Efficacité gouvernementale, NDLR], dont l’ambition initiale était de diviser par deux le budget fédéral. Ce délire correspondait à une proposition formulée en 2008-2009 par Curtis Yarvin dans le but d’instaurer sa monarchie managériale, consistant à mettre en place un organisme de liquidation de l’Etat, avec à sa tête un PDG connu pour ses succès entrepreneuriaux.

« La stratégie néoréactionnaire affirme l’avènement de l’ère des empires et la nécessité de restructurer la politique sur des positions "réalistes", c’est-à-dire mercantiles et militaires »

« La stratégie néoréactionnaire affirme l’avènement de l’ère des empires et la nécessité de restructurer la politique sur des positions "réalistes", c’est-à-dire mercantiles et militaires »

A l’époque, il pense à Steve Jobs, cofondateur d’Apple, pour son aura au-delà de la politique. Finalement, Elon Musk est mis à la tête du DOGE. Le patron de Tesla reprend un certain nombre de codes des mouvances néoréactionnaires, comme des memes, ces images ironiques, ou la red pill, la pilule rouge de « désintoxication » inspirée du film Matrix. Et s’il ne cite pas lui-même les intellectuels néoréactionnaires, des membres de l’administration le font. C’est le cas de Michael Anton, proche de Yarvin, directeur de la planification politique et un des rédacteurs de la Stratégie de sécurité nationale, qui a précédé l’intervention au Venezuela et les velléités d’annexion du Groenland. Cette stratégie tranche résolument avec la position néoconservatrice, affirme l’avènement de l’ère des empires et la nécessité de restructurer entièrement la politique américaine sur des positions « réalistes », c’est-à-dire mercantiles et militaires.

En 2022, Yarvin fournit un cadre d’analyse de l’Europe préconisant le retrait des Etats-Unis du Vieux Continent pour laisser libre cours à la Russie, qui fait écho au discours de Vance à la conférence de Munich en 2025. Puis, en novembre 2023, Yarvin préconise la création d’une « ville-entreprise » – un « Dubaï de la Méditerranée » – à Gaza, en déplaçant tous les Palestiniens et en dédommageant ceux qui ont une propriété par un « jeton » de cryptomonnaie échangeable. Cela paraissait loufoque, mais en 2025, Donald Trump récupère l’idée avec son plan de « Riviera du Moyen-Orient » ! Cela ne fait pas de Yarvin le conseiller de Trump pour le Moyen-Orient, mais il y a une circulation des idées.

Un des aspects les plus étonnants de votre livre, ce sont les sources dont les auteurs néoréactionnaires disent s’inspirer sur leurs différents blogs pour construire une théorie politique : outre Matrix, on trouve Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien, ou l’Apocalypse de Jean, avec la figure de l’Antéchrist…

A. M. : On ne peut pas lire ces auteurs comme des classiques de la philosophie politique. Néanmoins, il ne faut pas non plus penser qu’il n’y a aucun contenu théorique. Certaines propositions sont clairement établies, et l’on retrouve des références à des théoriciens politiques bien connus comme le juriste « décisionniste » autoritaire et conservateur, puis nazi, Carl Schmitt. Il est donc intéressant de voir comment elles se traduisent dans l’espace politique.

« Curtis Yarvin définit un adversaire, "la cathédrale" : un complexe universitaro-médiatique prônant un égalitarisme absolu, un universalisme moral, qu’il faudrait détruire dès la prise du pouvoir »

« Curtis Yarvin définit un adversaire, "la cathédrale" : un complexe universitaro-médiatique prônant un égalitarisme absolu, un universalisme moral, qu’il faudrait détruire dès la prise du pouvoir »

Yarvin définit un adversaire, « la cathédrale », qui désigne un complexe universitaro-médiatique. L’université produirait une idéologie, version sécularisée du protestantisme, prônant un égalitarisme absolu, un universalisme moral, qui se serait ensuite diffusé par les médias à destination des élites et de l’administration. Les dirigeants seraient tenus moralement de suivre les principes issus de cette « cathédrale » : la démocratie, la justice sociale, la redistribution, etc.

Selon Yarvin, la première chose à faire après la prise du pouvoir, c’est donc de détruire cette « cathédrale », en définançant complètement les universités et les médias publics pour paver la voie à une véritable restructuration qui mettra fin à la démocratie. Evidemment, Yarvin n’est pas seul sur ce créneau, mais les premières décisions de Trump à l’encontre des universités, par leur côté systématique, faisaient écho à ces écrits.

Les néoréactionnaires ne participent pas à l’administration de Washington, ils ne fournissent pas le personnel du trumpisme… Comment exercent-ils cette extraordinaire influence ?

A. M. : Les intellectuels néoréactionnaires ne sont pas à la Maison-Blanche, en effet. En revanche, en 2024, au moment de la transition Biden-Trump, on a vu arriver une jeune garde républicaine qui n’était pas familière de la pratique gouvernementale. Une grande partie de ces jeunes qui travaillent à la Maison-Blanche ont été politisés sur Internet et ont grandi avec les figures de l’extrême droite comme Yarvin, ou d’autres influenceurs radicaux de l’alt-right comme Nick Fuentes. Les idées néoréactionnaires circulent donc parmi des gens qui élaborent les politiques publiques.

Mais sont-elles hégémoniques ?

A. M. : Non, car il y a trois pôles idéologiques concurrents dans le trumpisme : l’alt-right, le post-libéralisme et la néoréaction. On voit aujourd’hui la fragmentation du trumpisme entre ces trois pôles. Par exemple, autour de la question de la technologie. La NatCon est très critique de la technologie, jusqu’à voir en elle une œuvre satanique. Et un grand nombre de leaders d’opinion nationaux-populistes tiennent un discours similaire, comme le journaliste Tucker Carlson. Pour les post-libéraux à forte imprégnation religieuse catholique ou protestante, la perspective de faire advenir le surhomme par la technologie et le capitalisme, telle qu’elle est dessinée par le philosophe « accélérationniste » Nick Land, est parfaitement inacceptable.

Trump s’est fait élire en 2024 en grande partie en promettant la dérégulation des technologies, le soutien au développement de l’IA, en particulier en assurant l’accès à l’énergie carbonée pour les centres de données, ce qui lui a apporté le ralliement des industriels de la tech. Ralliement vu d’un très mauvais œil par les deux autres pôles idéologiques du camp trumpiste. La communauté du suprémaciste blanc Nick Fuentes a ainsi inondé X de messages antisémites à l’égard de Sam Altman, le PDG d’Open AI.

« L’isolationnisme continue de caractériser la sphère MAGA, en totale dissonance avec le pôle néoréactionnaire pro-capitalisme numérique, qui défend une logique impériale »

« L’isolationnisme continue de caractériser la sphère MAGA, en totale dissonance avec le pôle néoréactionnaire pro-capitalisme numérique, qui défend une logique impériale »

Sur le plan de la politique étrangère, l’isolationnisme continue de caractériser la sphère MAGA, en totale dissonance avec le pôle néoréactionnaire pro-capitalisme numérique, pour lequel l’accès aux ressources énergétiques ou aux terres rares est un enjeu majeur, et qui défend une logique impériale. Enfin, la stratégie élitaire des néoconservateurs s’oppose évidemment à la stratégie populiste qui était à l’œuvre lors du premier mandat de Trump. L’affaire Epstein déchire le trumpisme, sous les coups des leaders MAGA qui reprochent à Trump de protéger les élites.

Il y a une fascination du camp trumpiste pour la dictature à la romaine…

Effectivement, car César et Auguste sont célébrés comme faisant la transition entre la République et l’Empire. On se souvient que Donald Trump, peu avant l’élection avait déclaré : « Je vais agir comme un dictateur, au moins pendant une journée. »

Yarvin constate, dans deux longs articles, qu’en 2025 Trump a commencé à franchir le Rubicon, c’est-à-dire qu’il a commencé à prendre des mesures de l’ordre du coup d’Etat, mais qu’il est resté au milieu du gué. Alors, soit il continue vers le coup d’Etat, soit il s’immobilise et sera emporté par le retour de bâton démocratique. La métaphore de la dictature est donc une incitation à aller vers le coup d’Etat.


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