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Dans les centres de rétention des étrangers, l'Etat délègue le sale boulot

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05.09.2026

En juin dernier, l’Union européenne autorisait la création de « hubs de retour » hors de ses frontières pour y envoyer certains migrants. Au même moment, la France votait, à travers la loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat, un énième allongement de la durée maximale de maintien dans les centres rétention administrative (CRA), où 44 000 étrangers ont été enfermés en 2025.

Au niveau national comme européen, les politiques de gestion de l’immigration reposent pour beaucoup sur l’enfermement des personnes en situation irrégulière dans ces centres, « maillon essentiel de la chaîne d’éloignement », selon le ministère de l’Intérieur. Les « retenus » y sont enfermés non en raison d’une infraction pénale mais en raison de leur situation administrative – parce qu’ils n’ont pas, plus, ou pas encore de titre de séjour valide, en vue de leur expulsion. 

Un processus pourtant loin d’être systématique en Europe ou même en France, où 36,1 % des personnes enfermées ont été éloignées en 2025, et où « l’allongement de la durée de rétention ne conduit pas à davantage d’éloignements, mais intensifie au contraire les tensions, la détresse psychologique, mais aussi la violence dans les CRA », selon le rapport des associations y intervenant.

On en sait cependant peu sur qui se passe derrière les murs de ces centres, dont l’architecture et le fonctionnement empruntent à l’univers carcéral. Après plusieurs refus, la sociologue Louise Tassin, post-doctorante au Centre européen de sociologie et de science politique (Cessp) a obtenu l’autorisation d’accéder à ce quotidien, qu’elle documente dans un livre publié en début d’année.

Nourrie d’une immersion de plusieurs mois dans deux centres de région parisienne, son enquête l’a aussi conduite à Lampedusa, en Italie, et à Lesbos, en Grèce, afin d’identifier des logiques communes à ces dispositifs, au-delà des spécificités locales.

Externalisation des tâches

La première de ces logiques communes est celle de la délégation de nombreuses missions à des acteurs non-étatiques au sein de ces centres, qui sont pourtant les outils d’une politique de contrôle migratoire présentée comme un enjeu de souveraineté. En France, l’externalisation de certaines tâches, comme le........

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