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La France encore loin de l’égalité salariale entre hommes et femmes, et 3 autres infographies à ne pas rater

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05.03.2026

Le graphorama, c'est quatre infographies sélectionnées chaque semaine par la rédaction pour regarder l'actualité autrement.

Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.

Au menu de ce nouveau graphorama : l’égalité salariale entre femmes et hommes est loin d’être atteinte en France ; le nombre de consommateurs de bio a augmenté en 2025 après trois années de crise ; le géant des puces Nvidia poursuit sa croissance folle ; le nombre de jours de grève a fortement baissé en 2024 après une année 2023 agitée.

Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.

Au menu de ce nouveau graphorama : l’égalité salariale entre femmes et hommes est loin d’être atteinte en France ; le nombre de consommateurs de bio a augmenté en 2025 après trois années de crise ; le géant des puces Nvidia poursuit sa croissance folle ; le nombre de jours de grève a fortement baissé en 2024 après une année 2023 agitée.

1/ La France avance à petits pas vers l’égalité salariale

Les inégalités de salaire entre hommes et femmes se résorbent lentement

Revenu en équivalent temps plein (EQTP) : revenu converti à un temps plein toute l’année, quel que soit le volume effectif de travail, ce qui permet de mettre en évidence les inégalités hors temps partiel et/ou à temps incomplet sur l’année.

Lecture : en 2024, le revenu salarial moyen des femmes représentait 0,78 fois celui des hommes. Si l’on ne tient pas compte des différences de salaire liées au volume de travail (revenu en équivalent temps plein), le revenu salarial des femmes représente 0,86 fois celui des hommes.

Un jour, les femmes seront payées comme les hommes. Mais pas tout de suite. Les derniers chiffres de l’Insee confirment la lente réduction de l’écart salarial entre les deux sexes (dans le secteur privé), qui atteint - 21,8 % en 2024, contre - 34,5 % en 2000. Cet écart moyen se creuse notamment avec l’âge et le nombre d’enfants.

La composition des emplois du secteur privé évolue, et les femmes représentent une part croissante des cadres (38 % en 2024), ce qui contribue à égaliser les rémunérations. Toutefois, elles continuent de travailler moins que les hommes, qu’elles soient moins longtemps en emploi sur l’année et/ou qu’elles le soient seulement à temps partiel.

Si toutes les personnes en emploi travaillaient à temps plein, l’écart salarial entre les deux sexes ne serait plus que de 14 %. Cet écart résiduel s’explique essentiellement par la ségrégation professionnelle, qui concentre de nombreuses femmes dans des professions globalement moins rémunératrices, souvent liées au care (nettoyeuses, aides à domicile, infirmières, aides-soignantes…), et les écarte de certains postes haut placés (cadres dirigeants des grandes entreprises, par exemple).

« En comparant les salaires des femmes et des hommes exerçant le même emploi dans le même établissement, l’écart de salaire net en EQTP “à emploi comparable” est estimé à 3,6 % en 2024 », établit l’Insee. Des constats statistiques qui sont autant de leviers potentiels pour une action publique encore timorée sur le sujet., que ce soit en matière de lutte contre les stéréotypes ou de meilleure répartition du travail parental et domestique.

2/ Plus de consommateurs de bio en 2025, mais moins de producteurs

La consommation de produits bio en France rebondit en 2025

Après avoir touché le fond, la consommation de produits biologiques a rebondi en France en 2025, selon le baromètre annuel réalisé par l’Agence Bio et l’ObSoCo (Observatoire de la société et de la consommation). Sur plus de 6 000 adultes interrogés, représentatifs de la population de France métropolitaine, 59 % déclarent avoir consommé du bio au moins une fois par mois ces douze derniers mois, contre 54 % en 2024 et 2023. Par ailleurs, 35 % des répondants disent consommer bio au moins une fois par semaine en 2025, contre 30 % les deux années précédentes.

Même si ces niveaux de consommation restent éloignés du record historique atteint en 2021, avec 76 % de consommateurs mensuels et 52 % de consommateurs hebdomadaires, « cette dynamique est encourageante », estime l’Agence bio, qui note que ce regain « concerne toutes les catégories de population, quels que soient l’âge, le niveau de vie ou le profil socioculturel ».

Cette reprise « s’explique d’abord par un desserrement progressif de la contrainte financière ressentie par les ménages » : l’inflation des produits alimentaires avait en effet fait chuter la demande, les achats annuels de produits bio en grande distribution ayant par exemple diminué de près d’un milliard d’euros entre 2021 et 2024, pour un marché d’environ 12 milliards.

Malgré le retour des clients, la récente crise du bio continue de produire des effets délétères sur l’offre : en 2025, pour la première fois, le nombre de producteurs bio a reculé (- 0,6 %), relève le baromètre. Les surfaces cultivées en bio, elles, avaient déjà reculé en 2023 et 2024, pour stagner autour de 10 %. Loin de l’objectif de 21 % en 2030. Pour que la reprise se confirme, il semble donc essentiel que le soutien public au bio se développe, tant pour les producteurs que pour les consommateurs.

3/ Le géant des puces Nvidia poursuit sa croissance impressionnante

En trois ans, Nvidia est devenu un géant

Nvidia, désormais géant de la tech, confirme sa phénoménale ascension. Grâce à la vente de ses cartes graphiques (GPU), destinées à fournir de la puissance de calcul aux développeurs d’IA (Meta, OpenAI, Google), ses revenus ont augmenté de 65 % entre 2024 et 2025, passant de 130 à 216 milliards de dollars. Ils talonnent désormais ceux de Microsoft, géant historique du secteur (245 milliards de dollars en 2024).

Mais là où Nvidia impressionne le plus, c’est par sa rentabilité. L’entreprise américaine a engrangé 120 milliards de dollars de bénéfices nets en 2025, parvenant à maintenir son taux de marge à… 56 % ! C’est le résultat d’une forte demande mondiale en puissance de calcul, mais aussi d’une position de quasi-monopole.

Sa part de marché sur les GPU est estimée entre 80 et 90 % au niveau mondial, ce qui lui permet de fixer des prix très élevés. Cette situation très favorable est par ailleurs bien comprise par les marchés financiers : Nvidia est l’entreprise la plus valorisée au monde, à hauteur de 4 400 milliards de dollars. Soit 50 % de plus que tout le CAC 40.

4/ Les mouvements de grève ont connu un creux en 2024

2024, année calme sur le front social après le mouvement contre la réforme des retraites

Entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole en France métropolitaine jusqu’en 2017, France métropolitaine et Drom (hors Mayotte) à partir de 2018.

Si le nombre de jours de grève est un bon baromètre du climat social, alors 2024 a connu une nette accalmie après les mobilisations de l’année précédente contre la réforme des retraites. Seulement 62 « journées individuelles non travaillées (JINT) pour fait de grève dans les entreprises, pour 1 000 salariés », ont été enregistrées par la Dares. Soit une baisse de 64 % par rapport à 2023, note le service statistique du ministère du Travail, qui précise que le secteur du transport et de l’entreposage affiche toujours l’indice le plus élevé, avec 403 jours en 2024 (894 en 2023).

Au total, seulement 1,6 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole ont connu un ou plusieurs arrêts collectifs de travail, contre 2,7 % en 2023. Depuis 2005, seule l’année 2012 affiche un nombre plus bas (60), le mandat de François Hollande ayant été assez calme… jusqu’aux mobilisations contre la loi Travail (131 jours non travaillés en 2016). Sous Emmanuel Macron, la réforme des retraites a suscité un nouveau pic (161) à l’hiver 2019-2020, avant que la pandémie de Covid lui mette un terme. Rebelote en 2024 avec un score de 171.

Mais le record absolu (308) sur la période revient à l’année 2010, toujours contre une réforme des retraites – voulue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy – avec des mouvements sociaux qui s’étaient étendus de mars à novembre. Aujourd’hui, on peut toutefois s’interroger : les mobilisations et les résistances sociales ne prennent-elles pas d’autres formes que la grève ?


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