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Cinq mauvais arguments en faveur de la simplification des règles bancaires

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Face à la meilleure santé des banques américaines, les établissements européens plaident pour desserrer l’étau des contraintes réglementaires, selon des arguments qui ne résistent pas à l’analyse. Examen en cinq points.

Le 19 avril dernier, la Commission européenne a clos sa consultation publique sur la compétitivité des banques du Vieux continent. Elle va maintenant plancher sur le sujet et remettra ses propositions dans quelques mois. Disposer d’un système bancaire compétitif est essentiel pour un financement pérenne et dynamique de l’économie.

Problème, les banques ne mettent pas le même sens derrière le mot.

« Pour les Etats, la compétitivité correspond à une distribution...

« Pour les Etats, la compétitivité correspond à une distribution...

Le 19 avril dernier, la Commission européenne a clos sa consultation publique sur la compétitivité des banques du Vieux continent. Elle va maintenant plancher sur le sujet et remettra ses propositions dans quelques mois. Disposer d’un système bancaire compétitif est essentiel pour un financement pérenne et dynamique de l’économie.

Problème, les banques ne mettent pas le même sens derrière le mot.

« Pour les Etats, la compétitivité correspond à une distribution de crédits permettant de renforcer l’économie. Pour les banques, être compétitives, c’est gagner des parts de marché vis-à-vis de leurs concurrentes. Elles peuvent arriver à ce résultat sans que l’économie européenne en bénéficie », prévient ainsi Nicolas Véron, chercheur au Peterson Institute for International Economics et au think tank européen Bruegel.

« Pour les Etats, la compétitivité correspond à une distribution de crédits permettant de renforcer l’économie. Pour les banques, être compétitives, c’est gagner des parts de marché vis-à-vis de leurs concurrentes. Elles peuvent arriver à ce résultat sans que l’économie européenne en bénéficie », prévient ainsi Nicolas Véron, chercheur au Peterson Institute for International Economics et au think tank européen Bruegel.

De fait, les lobbies bancaires ont fait entendre leur voix. Pour la Fédération bancaire européenne, relayée fin avril par la Fédération bancaire française, la compétitivité des banques est victime d’une surcharge de contraintes réglementaires. Elles s’estiment pénalisées eu égard aux risques qu’elles prennent, bien contrôlés à leurs yeux, et face aux règles américaines, qu’elles jugent moins contraignantes.

Leur message consiste à promettre un système bancaire d’autant plus efficace qu’il sera peu réglementé. Leur solution : détricoter les règles qui les obligent à se financer avec du capital, la partie de leurs ressources qui doit éponger les pertes en cas de coup dur.

Or, dès la fin de l’an dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a indiqué qu’elle souhaitait intégrer pleinement, dans son domaine, la politique de simplification des normes de la Commission. Certes, le futur ex-gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, indiquait au même moment que « oui, le cadre réglementaire européen [était] dense, et........

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